La menace d´être ressenti comme une charge
(Apic) "Même si je pense que les organisations d´aide au suicide devraient être interdites, je défends toutes les personnes démunies qui y ont recours". C´est ce qu´affirme le Père dominicain Roland-Bernhard Trauffer, vicaire général du diocèse de Bâle, dans une interview dont l´intégralité a paru en allemand.

Le Père Roland-Bernhard Trauffer /aa
"Il est incontestable qu´une énorme pression sociale pèse sur les personnes infirmes ou âgées, qui semblent être un fardeau."
Le Père dominicain fait partie de ces personnes atteintes de maladie. Il perçoit lui-même la menace d´être ressenti par la société comme une charge. Il souffre de paralysie spinale spasmodique, une maladie dégénérescente, incurable, qui conduit à la paralysie des membres inférieurs. Actuellement, le dominicain marche avec une canne. Il devient de plus en plus tributaire de l´aide d´autrui, et tombe sans cesse. La maladie n´est pas mortelle dans l´immédiat, mais le contraindra à un certain moment à se déplacer en fauteuil roulant. Elle progresse plus rapidement qu´il ne se l´était imaginé au départ. A l´agence de presse Apic, le Père Trauffer a confié que la maladie a radicalisé son attitude de rejet à l´égard de l´aide au suicide: "Je suis encore plus convaincu de ma position face à ces organisations".
L´aide au suicide organisée est, pour lui, une entreprise. Il se dit d´accord avec la Conférence des évêques suisses pour qui cette aide ne devrait pas faire l´objet d´une réglementation, car cela signifierait une légitimation de la pratique actuelle.
La souffrance comme opportunité
Le vicaire général du diocèse de Bâle a personnellement une approche remarquablement positive de sa maladie. Il lui semble aujourd´hui pouvoir être plus crédible auprès des gens qu´il accompagne, ayant des expériences similaires de la souffrance. Il ne voudrait rien embellir, mais, pour lui, la souffrance pourrait être une voie pour apprendre quelque chose sur soi-même, les autres et Dieu.
(apic/job/js)
19.01.2010