En ce temps de l'Avent, l'abbé Patrick Werth nous ramène à l'essentiel...
Lundi, 14 Novembre 2011 / Après avoir réussi mes examens de licence en automne 99 (au millénaire passé!), j'ai décidé de m'accorder des vacances de randonnée aux Iles Canaries pendant les deux premières semaines de décembre. Ah, l'Avent dans la douceur d'une île géographiquement africaine! Les roses de Noël dans les jardins et aux carrefours! Les achats dans la douceur du soir! Le moins que l'on puisse dire est que nous vivons ici dans une situation très différente, même si l'arrière-été et l'automne 2011 furent exceptionnels: les arbres ont maintenant tous perdus leurs feuilles, les jardins dorment, les gens s'habillent en noir (ça, je ne pourrai jamais ni le comprendre ni l'accepter!), le brouillard reste de plus en plus souvent. Dans ces conditions, on peut comprendre qu'on apprécie les marchés de Noël, les bougies chez soi et les bains thermaux!
Mais l'être humain est plus qu'un animal qui fait le gros dos pendant la mauvaise saison. Il est appelé à donner un sens à son existence et aux évènements, même en hiver. Il dispose pour cela de toute une série de facultés qui mettent en mouvement aussi bien son intelligence que ses sens. Il dispose pour cela aussi de symboles. L'Avent - donc le début de l'hiver - offre au chrétien l'occasion de prendre conscience physiquement d'une forme de nuit dans laquelle va surgir la lumière. Dans les nuits de nos vies, dans nos déceptions, dans nos fatigues, dans nos lâchetés, Dieu va surgir. Il ne va pas tout changer d'un coup de baguette magique. Il va d'abord nous inviter à prendre du recul et à nous interroger
Puis – symboliquement - à chaque dimanche de l'Avent, il va nous inviter à nous réjouir, à laisser entrer chez nous une lueur d'espérance jusqu'au jour de Noël où nous aurons à nouveau l'occasion de méditer le mystère d'un Dieu qui accepte de se faire homme.
Evidemment que pour vous comme pour moi, l'Avent c'est aussi une course. Pas seulement une course aux cadeaux qu'on essaie de limiter à l'essentiel, mais surtout une course à toutes les activités que nous aimerions avoir accomplies jusqu'à la fin de l'année.
Mais la tension ne fait-elle pas partie de la vie? N'est-elle pas le lot aussi bien des parents que de ceux qui essaient de concilier travail et bénévolat, ou travail et engagement politique ou … je vous laisse dire ce qui vous concerne. Oui, l'Avent est aussi une tension entre la morosité, le faire, le penser et le ressentir. Oui, l'Avent est une tranche de vie. D'abord une tranche de vie ordinaire. Mais aussi une période que tout le monde ressent comme un peu spéciale.
Alors je ne vous invite pas au rêve. Je nous invite simplement à laisser Dieu entrer un peu dans notre réalité. A prendre conscience à quel point nous pouvons avoir besoin de lui. A quel point les plus belles choses ne suffisent pas. A quel point nous sommes à la recherche d'un idéal pour nous avec les autres … auquel Dieu nous appelle. Alors… "Dieu fais-nous revenir; que ton visage s'éclaire et nous serons sauvés!" (Refrain du psaume du 1er dimanche de l'Avent)
Pas sauvés sans rien faire, mais sauvés parce que ramenés à l'essentiel. A travers l'Avent, bonne route vers la lumière de Noël!
Abbé Patrick Werth
