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Symposium sur l'asile: la notion de réfugié en mutation

Plus de 200 personnes ont pris part en janvier 2011 au 4e Symposium suisse sur l´asile de l´OSAR et de l´UNHCR. Il en ressort notamment que la notion même de réfugié est en constante mutation.

Mardi, 08 Février 2011 / "Le monde serait bien meilleur si nous n´existions plus!", a lancé Susin Park, cheffe du Bureau pour la Suisse et le Liechtenstein du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR). Elle ouvrait ainsi, avec ce mot en guise de provocation, le 4e Symposium suisse sur l´asile mis sur pied par le HCR et l´Organisation suisse d´aide aux réfugiés (OSAR), l´association faîtière des organisations suisses de défense des réfugiés et des droits de l´Homme qui fête cette année son 75e anniversaire.
Plus de 200 personnes ont assisté aux conférences et débats qui avaient pour thème "Réfugié: une notion en mutation" et traitaient des nouveaux défis pour la protection des réfugiés. Depuis 60 ans, la Convention de Genève relative au statut des réfugiés (elle date de 1951) sert de référence pour la protection des réfugiés dans le monde, tandis que depuis 75 ans, l´OSAR, fondée en 1936, s´engage "pour un traitement loyal" des personnes qui sollicitent la protection de la Suisse.

"On n'est plus à l'époque de la guerre froide..."
A l´occasion de ce double anniversaire, l´OSAR et le HCR souhaitaient faire le point sur la notion de réfugié, en pleine mutation à l´heure du terrorisme international, des changements climatiques et des catastrophes naturelles qui poussent de plus en plus de monde sur les routes du monde. Spécialiste du problème des réfugiés - il a été l´envoyé spécial du Secrétaire général de l´ONU pour les droits des déplacés internes - le juriste et professeur bernois Walter Kälin a expliqué que la notion de réfugié est en constante mutation. On n´est plus à l´époque de la "guerre froide", où la Suisse ouvrait grands les bras aux réfugiés hongrois après la révolte de 1956 ou aux Tchécoslovaques après l´invasion soviétique de 1968: les gens de l´Est étaient alors bienvenus, car ils témoignaient contre le système communiste "en votant avec leurs pieds". On accueillait alors volontiers "les ennemis de mes ennemis".

De plus en plus de persécutions non étatiques, "privées"
Aujourd'hui, les réfugiés viennent des pays du Sud, et la persécution a pris un tout autre visage. Les Etats non démocratiques ne répriment plus si ouvertement leurs citoyens pour des motifs politiques. On est de plus en plus en face de persécutions à connotation non étatique, dans des situations de désagrégation du pouvoir étatique, de terrorisme, de criminalité pure et simple qui visent indistinctement les populations civiles. "On n´a plus affaire directement à une persécution ciblée, individuelle. Il a fallu du temps pour que la Suisse reconnaisse l´existence de cette persécution "privée", a-t-il souligné. Ces nouvelles situations requièrent de nouveaux besoins de protection, mais "l´on assiste à une érosion de la notion de réfugiés..." (…)   Il ne fait pas de doute que de nombreux réfugiés, qui ne peuvent pas obtenir le statut de réfugié, sont tout de même en situation de précarité et de vulnérabilité et leur nombre augmentera à mesure que s´imposeront les effets du changement climatique.

Quelques chiffres encore...
Il y a dans le monde 10 millions de réfugiés, 27 millions de personnes déplacées ou chassées au sein de leur propre pays à cause de guerres et de troubles, et encore 38 millions de déplacés en raison de catastrophes naturelles et changements climatiques... (apic/be)

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