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Quel est le ciment de l'amour conjugal?

Le 13 mars 2011, huit couples ont été fêtés lors de la célébration qui a eu lieu à Christ-Roi à l'occasion de la fête de l'amour. Tous ces couples, mariés depuis 10 ans, 25 ans, 40 ans, 45 ans, 50 ans et même 55 ans, ont témoigné de la fidélité de leur engagement au fil des décennies. Voici ces duos qui ont eu l'amabilité de répondre à quelques questions.

Germaine et Albert Messerli le jour de leur mariage / ldd
Germaine et Albert Messerli le jour de leur mariage / ldd

Mercredi, 30 Mars 2011 /  Mariage pluvieux, mariage heureux!
Il s'appelle Tran Kim Dat et elle Tran Nguyen Giang et ils se sont mariés voici 10 ans, le 6 janvier 2001, un jour où il pleuvait à verses. Le couple a un fils de 8 ans et une fille de 5 ans. "La naissance de nos enfants a été l'une des plus grandes joies de ces dernières années!", confie Madame. "Un couple doit savoir faire preuve de tolérance; c'est important pour la durabilité de l'union." Ce qui est le plus difficile? "Parfois, il arrive qu'on ait du mal à se faire comprendre. Cependant, la foi nous a permis de gérer les moments difficiles, comme les moments de joie, d'ailleurs!"

Cultiver l'amour tous les jours
Ueli et Ursula Ackermann se sont dit oui à Lausanne, il y a 25 ans, le 11 juillet 1986, par un jour de beau temps. "Le jour précédant le mariage, il pleuvait. Comme quoi, malgré le soleil, un mariage peut quand même être heureux!" s'exclame Ursula, radieuse Trois enfants sont nés de leur union. Pour ce couple, qui fête ses noces d'argent, le renouvellement de ses engagements au quotidien est essentiel. "Chaque partenaire doit faire un effort et ne pas se laisser aller. Un couple, ça se soigne." Pour Ursula et Ueli également, la naissance des enfants a constitué un immense bonheur. "Tout comme le fait de les voir grandir." Quant aux difficultés, le couple évoque la nécessité de garder une certaine indépendance, de faire confiance, d'être en somme à la fois proche tout en gardant une saine distance. Et la foi s'avère d'un grand secours dans les moments durs. "Elle a grandi progressivement au fil des années, surtout depuis la naissance des enfants!"

Pour le meilleur et pour le pire
40 ans déjà. Oui, quarante ans que Michael et Maria Hadjikan ont uni leurs destins, le 30 janvier 1971. Le couple sourit en racontant quelques facéties faites par leurs amis le jour du mariage: "On est rentré à la maison à minuit et on a vu l'un de nos amis en train de se raser. Il avait de la mousse à raser sur le visage et…il en mangeait! Il s'est avéré ensuite que c'était de la crème fouettée!". Et d'évoquer encore la sortie de l'église en musique, le cortège, les pétards. Le sacristain de Christ-Roi et son épouse ont deux enfants de 38 et 32 ans, et trois petits-enfants. "Le seul secret pour qu'un couple dure, c'est l'amour. Et la foi, bien sûr!" estiment-ils en chœur. Pour eux, la joie d'avoir été en santé jusqu'ici est l'un des trésors les plus précieux de toutes ces années. Parmi les bémols, ils citent la lourde charge des impôts. "Les gens mariés sont fiscalement défavorisés; ce n'est pas toujours facile sur le plan économique." Michael insiste sur le rôle de la foi dans leur couple. Elle y occupe une place fondamentale. "Une foi profonde, qui ne nous quitte jamais. Pas seulement quand tout va bien. Mais aussi, et surtout, quand ça va mal."

L'esprit de famille
Albert et Germaine Messerli se sont passé la bague au doigt il y a 45 ans. C'était le 16 avril 1966. "Et il neigeait!..." s'exclament-ils, rieurs. C'était à Epiquerez, dans le Jura. Un jour qui a tatoué leurs cœurs et leurs mémoires. "Une journée toute joyeuse! Le lendemain, on partait en voyage de noces à Venise, Rome, Gênes…" Pour ce couple, la solidité du lien conjugal dépend beaucoup de la capacité à faire confiance, à pardonner et à être prêt à…recommencer tous les jours! Albert et Germaine ont trois filles adultes et six petits-enfants (3 garçons, 3 filles). Parmi les plus grandes joies? Sans hésiter, ils citent la naissance des enfants, des petits-enfants, le mariage de leurs filles et la bonne entente qui règne dans la famille. "Ma femme a toujours été une source de joie pour moi", explique Albert. Et de mentionner encore tous les voyages entrepris au fil de ces décennies, "qui ont renforcé notre bonheur." Certes, comme dans toute vie, il y a bien eu quelques maladies qui ont assombri le parcours, quelques soucis professionnels ou d'autres encore, en lien avec l'éducation des enfants… "La foi a une grande place dans notre couple et notre famille. Dans la pratique, la constance, la prière et la référence à Dieu. Il faut être persévérant, donner l'exemple et ne pas prendre le chemin de la facilité."

Soutien d'un mouvement spirituel
C'était le 15 avril 1961. Walter et Marie-Louise Cattin s'unissaient devant Dieu et les hommes. Et… sous la neige! Un mariage un peu frisquet, un tantinet enrobé de blanc, comme la robe immaculée de la mariée. "Le soir, quand on est rentré dans notre appartement, se souvient le couple en souriant, nous avons eu droit à une coupure de courant intentionnelle!" Pour ce couple qui fête ses 50 ans de mariage, il n'y a pas de recette magique ou un quelconque secret qui puisse garantir la longévité d'une union. "Il faut dialoguer, faire des concessions mutuelles et faire confiance". Pour ces parents de quatre enfants et de neuf petits-enfants, chaque naissance – enfant ou petit-enfant – a été vécue comme une immense joie et un cadeau du ciel. Les époux Cattin, dès le départ, ont bénéficié, avec d'autres couples, du soutien d'un mouvement spirituel, "Les Equipes Notre-Dame". "Voici bientôt 30 ans que l'abbé Nicolas Bessire est notre conseiller spirituel" explique Monsieur. Il existe bien sûr d'autres mouvements, mais celui-là semblait le mieux convenir aux jeunes Walter et Marie-Louise. Le centre névralgique des Equipes Notre-Dame se trouve en France, mais, à l'époque, il y avait trois équipes à Bienne. "On se rencontrait une fois par mois autour de thèmes précis en lien avec le couple, la famille, les défis du quotidien….". La foi a été et est encore un élément fondamental et constitutif de la vie de ce couple.

Mains froides… cœurs chauds!
Des noces d'or pour Anne-Marie et Herbert Barnert! En ce 27 mai 1961, près de Payerne… il neigeait! Des flocons incongrus au cœur du printemps et une jeune mariée en petite robe courte… qui grelottait! "J'ai vraiment eu très froid et, en plus, on a eu une panne d'essence… c'était spécial!". Elle avait sans doute les mains froides, la jeune Anne-Marie, lorsque Herbert lui a glissé l'anneau au doigt… Les saisons ont passé, les étés sont revenus et le couple a eu deux fils et une fille et les voici aujourd'hui grands-parents de quatre petits-enfants. "Deux ici et deux en Allemagne". Quant à Herbert, l'époux d'Anne-Marie, il est originaire de Vienne. Le secret de la durée d'un couple? "Une confiance réciproque, du respect et faire des compromis!" Pour elle et lui, la plus grande joie de ces 50 ans, c'est la naissance des enfants. Le plus dur? "C'est sans doute la capacité à s'adapter à l'autre, surtout s'il est issu d'une autre culture", explique Anne-Marie dont le mari est Viennois. "Parfois, les difficultés d'ordre culturel proviennent davantage de la belle-famille que du mari", précise-t-elle. Le couple estime que la foi aide au maintien d'un lien fort et vivant. "C'est un grand soutien et ça l'a toujours été. J'ai même fait partie, autrefois, du mouvement des Jeunesses ouvrières catholiques", conclut encore cette heureuse habitante de Port.

Avec les félicitations du Vatican…
Richard et Marie-Thérèse Amadori sont mari et femme depuis 55 ans. Le 28 janvier 1956, précisément. Alors que certains fiancés ne ferment pas l'œil de la nuit la veille de leur mariage, Richard, lui, a dormi comme un loir. Preuve sans doute que le mariage ne lui faisait pas peur. Confiant et serein, il s'est abandonné dans les bras de Morphée avant d'ouvrir les siens à la belle Marie-Thérèse. Le futur marié a donc si bien dormi qu'il s'est réveillé trop tard et est arrivé environ une heure après tout le monde. "Mais ensuite, tout s'est déroulé sans heurts" sourit Marie-Thérèse en se rappelant cette anecdote. Le couple a deux filles et quatre petits-enfants. "Pour que ça dure, il faut faire des concessions. Chacun doit faire un pas vers l'autre. "Le neveu de ma femme était garde-suisse quand on s'est marié", explique Richard en exhibant un document. "Voici un télégramme du substitut du Pape Paul VI pour nous féliciter!". La photo du mariage est petite. "A l'époque, ce n'était pas comme maintenant. Les gens n'avaient pas d'appareil photo à eux et celui qui prenait les photos n'en faisait pas des tonnes!". Une photo de dimension très modeste, certes, mais… avec un télégramme de Rome, en provenance du Vatican! Leurs plus grandes joies? La naissance de leurs filles! "Nous nous sommes toujours bien entendus. Il est important d'avoir confiance en son conjoint et de pouvoir compter sur son soutien, surtout en cas de maladie. Et puis, comme on était tous deux très indépendants, on avait toujours un immense plaisir à se retrouver. Quant à la foi, elle a une place prépondérante dans le couple."  

La foi qui soude
55 ans de mariage pour Joseph et Marguerite Lambert, unis le 9 février 1956. Un jour d'hiver, certes. Mais tellement froid! Marguerite s'en souvient encore: "Olala, quelle "froidure"! Joseph était tellement gelé qu'il a dû aller s'acheter un pull le jour du mariage!". Le couple a une fille et un fils et deux petits-fils, déjà adultes. Pour qu'une union conjugale résiste à l'usure du temps, pas de miracle, selon eux. Sans doute un peu de chance, oui, mais – surtout - beaucoup de dialogue au sein du couple et de la patience. "Les moments passés en famille, c'est le plus merveilleux de toutes ces années!" s'exclame Marguerite. La nécessité d'être toujours là pour l'autre, toujours disponible, en somme, n'est pas toujours chose facile. "On a commencé avec rien, mais on savait attendre. On a travaillé, élevé nos enfants. Oui, on faisait avec ce qu'on avait. Je crois que la religion nous tenait." Pourtant, pour Marguerite et Joseph, comme pour bien d'autres couples, la vie n'a pas toujours été rose. "On a aussi eu nos pépins. Mais si on savait demander, on savait aussi remercier. La foi est vraiment une force qui nous a aidés durant toutes ces années et qui nous aidera encore."  

Propos recueillis par Christiane Elmer