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Sacristine à Ste-Marie
Dominika Bähler

Depuis le 1er février 2011, Dominika Bähler occupe la fonction de sacristine à Ste-Marie. C'est la première fois dans l'histoire de la paroisse catholique de Bienne et environs qu'une femme occupe une telle fonction. Rencontre avec une sacristine épanouie et pleine de ressources qui déclare: "J'ai grandi avec l'Eglise!"

Dominika Bähler / Chr. Elmer
Dominika Bähler / Chr. Elmer

Dimanche, 01 Mai 2011 / Etonnant, le parcours de cette femme, au cœur de la cinquantaine, svelte et rayonnante. Courtepointière de métier (couturière en rideaux), la voici à présent sacristine, sorte d'ange gardien de Ste-Marie. Mais, à y regarder de plus près, la présence de Dominika Bähler en l'église du Faubourg du Jura n'a rien d'étonnant! "C'est là que j'ai été baptisée. J'ai grandi avec cette église; puis, j'ai fréquenté Christ-Roi et aussi St-Nicolas, vu que j'habitais Port. Mes parents - le couple Feyer - ont toujours été très engagés dans l'Eglise (Kolping, lecteurs, formation des servants de messe...). Même aujourd'hui, alors qu'ils sont octogénaires, ils sont encore actifs dans ce milieu", explique avec fierté celle qui a repris les rênes de la sacristie de Ste-Marie voici trois mois. "Mais heureusement je n'étais pas seule! J'ai eu deux mois d'introduction et d'encadrement par l'ancien sacristain de Ste-Marie: Jacki Ancquetil. Une fois par semaine, il passe ici pour voir si j'ai des questions. Il a été, avec son prédécesseur Michel Benoît, d'un grand appui."

De la couture à la sacristie…
L'ancienne couturière sur rideaux et tissus d'intérieur explique que son travail était très manuel et supposait une certaine habileté à bricoler. "En plus de cette expérience-là, j'ai été pendant 25 ans concierge d'une école à Safnern, aux côtés de mon mari. Evidemment, là aussi, il y avait beaucoup de travaux d'entretien et de réparation à effectuer. Il fallait savoir se débrouiller. Finalement, je me rends compte que tout ce que j'ai fait jusqu'à maintenant m'est utile pour mon travail de sacristine. Ce qui était vraiment nouveau pour moi, en venant ici, c'est tout ce qui touche à la dimension liturgique. C'est complexe car il y a de constants changements en fonction du temps liturgique. C'est donc sur cet aspect-là que je me suis focalisée". En effet, si une grande partie de ses tâches de sacristine consiste à accomplir des travaux de conciergerie (ranger, nettoyer l'église supérieure, la crypte, la salle Ste-Cécile et sa cuisine, les environs de l'église ainsi que des travaux de jardinage), une autre partie se déroule à l'église. "Je prépare l'église, les lectures, les objets, fleurs et décorations, en somme tout ce qui sera utile au bon déroulement de la célébration." Et d'ajouter, dans un grand sourire: "J'aime beaucoup décorer l'église et la fleurir. Dans la crypte, j'ai eu la joie de décorer un petit coin où les paroissiens peuvent venir inscrire une intention de prière dans un cahier prévu à cet effet. Cela me plaît d'en faire quelque chose de vivant et de joli."   "J'aimerais rencontrer davantage de gens" Ravie de son nouveau travail, Dominika Bähler y investit son expérience, son savoir-faire, son enthousiasme et toute sa sensibilité. "Bien des personnes s'étonnent et se réjouissent de voir une femme occuper cette fonction. Etre bricoleuse, évidemment, c'est essentiel. Certains travaux sont plus physiques. D'autres sont de type artistique. Chaque sacristain apporte finalement ses charismes. En ce qui me concerne, mon seul regret, c'est de ne pas rencontrer davantage de gens. Dans ce sens, j'ai beaucoup aimé le temps du carême où les soupes offraient des occasions de partage entre communautés."

S'asseoir et converser devant l'église
Sur le parvis de l'église où nous nous dirigeons pour que je la prenne en photo, elle m'indique un grand espace vide: "Vous voyez, il n'y a pas de bancs, aucun coin invitant les gens à s'asseoir et à faire un brin de causette. Une église, c'est aussi un endroit convivial. Dommage qu'il n'y ait de prévu à cet effet car cela donnerait peut-être envie aux gens, après la messe, de rester encore un peu…" Des bémols? Pas évident de satisfaire tout le monde et de concilier des directives qui, parfois, ne vont pas dans le même sens. "Ainsi, durant le temps pascal, il y a eu un certain flou par rapport au jour où il fallait recouvrir les crucifix… Mais je pense que c'est aussi le propre de Bienne d'être plus complexe. On vit dans un environnement où cohabitent différentes cultures et on doit tenir compte de toutes ces traditions. Ce n'est pas facile, mais c'est très intéressant."

"Je me sens vraiment au service de l'Eglise"
Séparée, maman de trois enfants adultes (31, 29 et 24 ans), Dominika Bähler vit à Gerolfingen. "Je viens tous les soirs ici pour fermer l'église…Evidemment, il faudra peut-être trouver une solution car, en plus, ces déplacements ne sont pas très écologiques." Quant aux week-ends, évidemment, ils sont bien occupés. "Mais on le sait en acceptant un tel travail et cela ne me pose aucun problème vu que ma situation familiale me le permet". Etre sacristain ou sacristine? C'est aussi et surtout faire en sorte que tout soit prêt et en ordre pour la messe. "Je considère mon travail comme un service à l'Eglise. Cela me convient bien; c'est un milieu où je me sens à l'aise, en accord avec mes convictions. Les samedis et dimanches, pendant les célébrations, je suis toujours dans les coulisses, au cas où il y aurait quelque chose. Cela fait partie du travail d'un sacristain. Mais le dimanche, à partir de midi, je peux aussi profiter un peu du congé de fin de semaine."
Confiante, Dominika Bähler se dit qu'avec l'habitude, la diversité des tâches auxquelles elle est confrontée lui semblera plus évidente. "Je n'ai pas encore fait le tour de tout le calendrier liturgique!" dit en riant celle qui a commencé en février 2011. Et qui est, rappelons-le, la première femme à occuper un poste de sacristain au sein de l'Eglise catholique de Bienne.

Christiane Elmer