C'est samedi 27 avril 2013 à Christ-Roi que s'est tenue une rencontre intitulée "Langue, foi et image de l'Eglise", organisée par la Commission d'accompagnement pour la collaboration entre Communautés allophones et Paroisses.

Mardi, 14 Mai 2013 / Comment, dans une paroisse suisse, se prépare-t-on à la Première Communion? Qu'en est-il de la Première Communion au sein d'une Mission Croate? Quels points communs, quelles divergences entre la préparation et la célébration du sacrement du mariage dans une paroisse suisse et ce qui se vit au cœur d'une Mission de langue italienne? Divers intervenants ont témoigné de leur expérience. Autant d'exemples pour souligner ce qui, en Eglise, nous rassemble et nous particularise.
Concernant la diversité des programmes des différentes communautés linguistiques (exemples de la Première Communion et du sacrement du mariage), le vicaire épiscopal Jean Jacques Theurillat a d'ailleurs précisé: "C'est la manière dont on vit ces programmes qui compte! C'est l'expression personnelle qui colore le tout. Ce sont des nuances qui s'expriment autrement et qui sont propres à la culture à laquelle on appartient." Des langues différentes, donc, et une même foi centrale, vécue et manifestée de plusieurs manières. Mais comment favoriser la compréhension, comment abattre les préjugés?
Pour le vicaire épiscopal de la partie alémanique du diocèse, Arno Stadelmann, "la pastorale des migrants est une partie de la pastorale de l'Evêché de Bâle. Il s'agit de vivre l'Eglise comme un noyau d'unité dans la diversité". Il a ensuite rappelé que tous, membres des paroisses et des communautés allophones, nous avons reçu le même baptême. "Après Vatican II, nous avons hérité des mêmes documents et 50 ans après ce Concile, nous nous basons toujours sur des fondements identiques."
L'accent sur une catéchèse des adultes
Les participant(e)s à cette plate-forme ont pris part à des groupes de discussion et ont échangé leurs impressions. Lors des débats, il est apparu que l'intégration était primordiale. "Si l'on n'intègre pas les migrants, ils sont seuls. C'est valable pour les jeunes aussi bien que pour les aînés" a déclaré un ressortissant croate. "Il ne faut cependant pas confondre intégration et "ghettoisation". Il est bien sûr important qu'un enfant d'une culture étrangère puisse rejoindre des membres de sa communauté linguistique. Mais il est tout aussi important qu'il ne se coupe pas pour autant de la communauté suisse!" La catéchèse est un excellent facteur d'intégration au sein de l'Eglise. Plusieurs personnes ont insisté sur la pertinence d'une catéchèse des adultes. "Il faudrait développer cela dans la pastorale des migrants. La catéchèse concerne toutes les générations et plus uniquement les enfants!" La préparation au sacrement du mariage représente elle aussi une sorte de catéchèse, donc une chance.
Familles distancées de l'Eglise
Pour certains participants, le thème de l'intégration n'est pas prioritaire, même s'ils ont reconnu que cette plate-forme de discussion était tout à fait intéressante. "L'une des grandes questions reste celle de l'implication des parents. Comment faire pour qu'ils se sentent concernés par le parcours catéchétique de leurs enfants? Comment les rejoindre? Certains ne parlent même pas le français ou l'allemand!" Les couples et les familles, qu'ils soient suisses ou d'origine étrangère, sont confrontés aux mêmes choix. Se mariera-t-on à l'Eglise? Fera-t-on ou non baptiser ses enfants? Et si, en tant que parents, on suit de près la scolarité de sa progéniture, est-on prêt à s'impliquer personnellement dans le parcours catéchétique de son enfant? A le suivre dans sa démarche spirituelle comme on le ferait pour son programme de maths?... Et puis, quelle image a-t-on de l'Eglise? Les communautés linguistiques étrangères ont souvent une pratique religieuse plus soutenue. Mais l'Eglise ne se réduit pas à la messe! C'est une expérience qui englobe l'individu dans toutes les sphères de sa vie et des mots comme "catholique", "Eglise" ou "intégration" véhiculent des concepts qui résonnent différemment en fonction de la culture, du terreau familial et de l'histoire de chacun.
La création d'ensembles pastoraux ou Pastoralräume suppose que paroisses et communautés allophones travaillent davantage ensemble. Ce qui implique une collaboration resserrée entre Alémaniques, Francophones et Missions. "Nous devons accepter de nous laisser interpeller, changer de regard et nous adapter à une autre réalité. Celle d'une Eglise et d'une société de plus en plus multiculturelles" a conclu Arno Stadelmann. "Les chemins qui mènent au Christ ne sont pas tous les mêmes. Tout ne doit pas être uniforme. Les différences sont autant de manières d'atteindre un même but. Elles peuvent aussi constituer une chance. Ensemble, en tant qu'Eglise, veillons donc à rester partenaires."
Christiane Elmer

(Apic) En France, le Grand Prix catholique de littérature 2013 a été attribué le 22 avril 2013 à Didier Rance pour "John Bradburne, le vagabond de Dieu".
Mardi, 30 Avril 2013 / Avec cette première biographie en langue française, Didier Rance, qui a enquêté à travers l'Europe et en Afrique, rencontrant tous ceux qui ont connu John Bradburne, nous fait découvrir l'une des figures les plus fascinantes et attachantes de sainteté et d'humanité du XXe siècle.
Né en 1921 en Angleterre, fils de clergyman anglican, John Bradburne est un véritable personnage de roman. Jeune adolescent excentrique, il sera un héros de la Seconde Guerre mondiale. À son retour, il se convertit au catholicisme et cherche sa voie auprès des monastères avant de la trouver : il sera vagabond de Dieu, bouffon du Christ, troubadour de la Vierge Marie et disciple laïc de saint François ! Didier Rance, historien de formation, diacre, a été volontaire dans le tiers-monde, puis près de trente ans au service des chrétiens persécutés au sein de l'AED (Aide à l'Église en détresse). Il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, notamment sur les martyrs de notre temps.
Fondé en 1946, le Grand Prix catholique de littérature a été fondé en 1946. Il couronne chaque année un écrivain de langue française. (apic/com/cw)

Le Service de formation des adultes du Jura pastoral (SFA) a été bien inspiré d'inviter le père Albert Longchamp à Delémont pour y donner trois conférences mensuelles sur concile Vatican II. Si, fin janvier, l'ancien éditorialiste de l'"Echo magazine"" a pleinement évoqué cette " révolution" qui a transformé le visage de l'Eglise, le 28 février et le 20 mars dernier, les exposés du père Longchamp ont évidemment porté sur la renonciation de Benoît XVI, puis sur l'installation du pape François... jésuite comme lui.

Jeudi, 18 Avril 2013 / Vraiment passionnante, chacune de ces trois soirées au Centre Saint-François à fait salle comble. "C'est un peu le choc et question date, il fallait le faire ". Le visage illuminé par une joie non dissimulée, le père Albert Longchamp fait allusion à l'accession - sept jours plus tôt - du cardinal Jorge Mario Bergoglio au trône pontifical. Hasard du calendrier, un mois auparavant, le directeur de la revue "Choisir" était déjà à Delémont pour la deuxième de ses trois conférences autour du concile Vatican II, le soir où Benoît XVI abandonnait définitivement sa tiare papale. "Avant de parler du pape François, je tiens à rendre hommage à Benoît XVI. Tout ce qui se passe aujourd'hui, c'est finalement grâce à lui. Un pape qui démissionne, c'est du jamais vu. Un cardinal jésuite, qui plus est, d'Amérique du sud, c'est du jamais vu. "
Le père Longchamp espère que ces événements vont faire "exploser" les choses et créer un nouvel environnement. "Dans une interview posthume, le cardinal italien Carlo Maria Martini (décédé fin août 2012, ndlr) décrivait une Eglise "fatiguée", en décalage avec son temps et appelée à la "conversion". Il utilisait l'image de la braise qui se cache sous la cendre, une métaphore souvent reprise, copiée même. Depuis le 13 mars, depuis ce fameux "bonsoir" adressé aux milliers de fidèles massés sur la place Saint-Pierre, on se prend à croire que l'ancien archevêque de Buenos Aires saura libérer ces braises enfouies sous la cendre afin de raviver la flamme de l'amour. Avec un simple mot et une bénédiction réciproque, le pape François est devenu instantanément populaire."
L'avenir de l'Eglise
Aux oreilles du père Longchamp, le pape François conjugue un langage du cœur... du cœur de l'Evangile : "il veut une Eglise en mouvement... cheminer, édifier, confesser sous la croix. Sachant qu'ici confesser signifie témoigner, c'est une véritable invitation au débat. L'avenir de l'Eglise, c'est débattre en Eglise de son avenir. " Pendant plus d'une heure, le père Longchamp va ainsi confier son sentiment, parfois avec une certaine émotion : "Ce qui a été amorcé par Vatican II est aujourd'hui plus utile que jamais. Nous entrons dans une période dans laquelle l'Eglise doit revoir sa manière de gouverner. Le pape François va probablement s'efforcer de modifier le centre de gravité de l'Eglise. "
Un pape d'ouverture
Au dernier jour de février, à l'heure où Benoît XVI laissait le siège pontifical vacant, le père Albert Longchamp évoquait l'humilité avec laquelle le pape allemand avait annoncé sa renonciation : "Je pense que Joseph Ratzinger a beaucoup pensé aux dernières semaines de Jean Paul II. Il n'a pas voulu se retrouver dans l'incapacité de poursuivre sa mission. Son départ est une entrée dans la modernité par la porte de la fragilité. "
Le père Albert Longchamp, homme de presse
Prêtre catholique, jésuite, journaliste et écrivain, Albert Longchamp est né le 31 août 1941 à Echallens. Admis comme novice jésuite en 1962, il suit des études de philosophie à Munich et en théologie à Lyon où il obtient une licence en lettres et une maîtrise en sociologie. En juin 1973, il est le premier jésuite ordonné prêtre en Suisse après la levée de l'article 51 de la Constitution suisse, l'un des articles d'exception qui interdisait la Compagnie de Jésus dans le pays. Collaborateur pour la revue française Témoignage chrétien, il rejoint la revue Choisir en 1977. En 1981, cette revue publie une étude non-signée sur l'Opus Dei. Albert Longchamp, alors directeur, se voit sommé, sur demande du Secrétaire d'Etat du Vatican, de ne plus s'exprimer en public à ce sujet, une interdiction qui ne sera levée qu'en 2003.
Durant vingt ans (1985-2005), le père Longchamp a été le rédacteur en chef de l'hebdomadaire l'Echo illustré (aujourd'hui rebaptisé Echo magazine). Depuis 2009, il est le directeur de la revue Choisir.
Près d'une centaine de personnes était présente au soir du 30 janvier 2013, dans l'une des salles du Centre Saint-François, à Delémont, pour assister à la première des trois conférences du "père-journaliste " sur le concile Vatican II. Petit par la taille, grand par le verbe et la plume, le père Albert Longchamp va, pendant près de deux heures, "raconter" pourquoi et comment un concile plutôt "mal barré " (sic), que beaucoup voyaient expédié en deux temps et moins de trois mois, s'est achevé trois ans plus tard, après quatre sessions de trois à quatre mois, en laissant derrière lui seize documents, dont quatre "constitutions", neuf "décrets" et trois "déclarations" : des documents qui ont changé de manière radicale l'image et l'attitude de l'Eglise catholique. A l'entendre, les pères conciliaires du monde entier, réunis au Vatican, se sont livrés à un "aggiornamento", une "mise à jour", dont le public ne retient souvent que la disparition de la messe en latin, l'abandon du dos tourné aux fidèles ou l'accès libre à la Bible. "Il faut se rappeler que jusqu'à la fin des années 50 il était mal vu d'avoir une Bible à la maison. "
A plusieurs reprises le père Albert Longchamp évoquera l'aspect miraculeux de ce concile extraordinaire : " Quand on a vu les turbulences qui ont secoué les sessions préparatoires, la réussite de ce concile tient vraiment du miracle. L'ampleur de ces changements audacieux a évidemment ébranlé les plus traditionnalistes, il y a encore des réticences... Aujourd'hui, c'est au pape François de poursuivre la mise en œuvre de Vatican II." (pti)

Dominicaine, proclamée docteur de l'Eglise en 1970, copatronne de l'Europe, sainte Catherine de Sienne lutta pour poursuivre la paix, ramener le pape à Rome et refaire l'unité de l'Église. Elle laisse de précieux documents de très haute doctrine spirituelle. On la fête le 29 avril.

Jeudi, 18 Avril 2013 / Catherine, benjamine d'une famille très nombreuse (24 frères et sœurs) entend très jeune l'appel à se consacrer à Dieu. A seize ans, elle devient tertiaire dominicaine, tout en vivant sa vie d'austérité et de prière au milieu de sa famille. Elle fait vœu de virginité, mais le petit groupe des amis qui l'écoutent et la soutiennent (les Caterini) l'appelle "maman".
Ascèse et oraison la font vivre en étroite union avec la Christ, tout en se préoccupant des réalités de la vie. Elle vient en aide aux pauvres et aux malades de Sienne, elle écrit aux grands de son temps. Son principal souci est l'unité de l'Église. Sans complexe, elle écrit au Pape, alors en Avignon, une lettre brûlante où elle le presse de revenir à Rome. Elle ira même le chercher. Lorsque la chrétienté occidentale sera divisée entre plusieurs papes, elle soutiendra Urbain VI et déploiera des trésors d'activité et de diplomatie pour rassembler l'Église autour de lui.
Sainte Catherine de Sienne prend aussi partie dans les luttes où s'affrontent les villes italiennes. Elle, la recluse de Sienne, voyage inlassablement comme médiatrice dans le nord de l'Italie et le sud de la France. Pourtant cette activité débordante n'est pas le tout de sainte Catherine. Ce n'est que la face apparente d'une intense vie mystique, avec des extases durant lesquelles ses disciples, émerveillés, copient les prières qui s'échappent de ses lèvres. Son "Dialogue", qui est aussi un des classiques de la langue italienne, retrace ses entretiens enflammés avec le Christ, qu'elle rejoignit à 33 ans, dans la vision béatifique.
