Face aux incertitudes qui traversent notre époque, Mgr Felix Gmür invite les croyants à ne pas céder à l’immobilisme. Dans sa lettre pastorale pour le 5ᵉ dimanche du temps ordinaire, l’évêque de Bâle propose une réflexion dense sur l’espérance chrétienne, présentée non comme un refuge consolateur, mais comme une force active et engagée.
Le constat est lucide. Le monde apparaît plus agité, plus dur, plus rapide. Conflits, guerres, solitude, surcharge professionnelle, tensions liées à la migration, bouleversements numériques, fragilisation de la création : autant de réalités qui ébranlent les certitudes. Même la Suisse, longtemps perçue comme stable, n’est pas à l’abri des secousses. Dans ce contexte, une question traverse la lettre : que signifie aujourd’hui être chrétien ?
Pour l’évêque, l’espérance n’est ni un ornement pieux ni une illusion. Elle est une attitude fondamentale, un choix intérieur qui permet d’avancer lorsque le brouillard empêche de voir clairement le chemin. Elle ne nie pas l’obscurité, mais refuse qu’elle ait le dernier mot. Elle repose sur une promesse : Dieu répond à l’appel et demeure présent.
S’appuyant sur les textes bibliques du jour, notamment le prophète Isaïe et l’Évangile selon Matthieu, Mgr Felix Gmür souligne que l’espérance se traduit par des actes concrets. Partager le pain, dénoncer l’injustice, protéger les personnes vulnérables et la création : c’est dans cet engagement que « la lumière se lève dans les ténèbres ». L’espérance ne naît pas du retrait, mais de l’action responsable.
Jésus confie à ses disciples une mission claire : être sel et lumière. Deux images discrètes mais puissantes. Le sel et la lumière n’existent pas pour eux-mêmes ; ils transforment leur environnement. De même, les chrétiens sont appelés à rendre visible une présence qui les dépasse. Il s’agit de rester quand d’autres partent, de consoler quand les mots manquent, d’oser parler lorsque l’injustice s’impose.
L’espérance, insiste l’évêque, ne dépend pas de l’absence de problèmes. Elle grandit là où des femmes et des hommes agissent avec confiance, malgré les difficultés. Elle devient résistance face aux ténèbres et pont entre ce qui est et ce qui peut advenir.
Mgr Felix Gmür appelle enfin les fidèles à ne pas demeurer spectateurs. Il les invite à rejoindre un véritable mouvement d’espérance, à avancer ensemble, les yeux ouverts et le cœur attentif, avec courage et confiance. Une manière, aujourd’hui encore, de choisir la lumière.
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