Le Royaume est le levain dans la pâte

Qu'est-ce que le Royaume ? Comment être levain ? Précisions de l'abbé Nicolas Bessire.

Qu'est-ce que le Royaume ? Comment être levain ? Précisions de l'abbé Nicolas Bessire.

" Le Royaume, c'est l'Eglise ; c'est la présence de Dieu dans ce monde et c'est le seul levain " explique l'abbé Nicolas Bessire. Cependant, si c'est bien le Royaume - ou l'Eglise - qui fait lever la pâte, il n'est pas la pâte. " La pâte, c'est le monde, c'est tout l'univers vivant ", ajoute-t-il (cf : Mt, 13,33). On imagine souvent le Royaume dans un au-delà à venir. Or, nous y sommes déjà. Reprenant les dires du cardinal Journet, l'abbé Bessire rappelle que la frontière de l'Eglise traverse notre cœur et " qu'on est vite de l'autre côté ". Quant à nous, depuis notre baptême, nous sommes membres du Royaume. " Un Royaume qui est en nous ".

Etre levain aujourd'hui ?
Force est de constater que ce que propose l'Eglise ne fonctionne plus. Il s'agit d'inventer d'autres manières de faire. " Il nous faut envisager des regroupements, rassembler des forces, proposer une halte en offrant des lieux qui ne seraient plus nécessairement des paroisses. Ne plus prétendre englober tout le monde, mais juste " faire envie ". Jusqu'ici, on espérait que les baptisés, communiés et confirmés participeraient ensuite pleinement à la vie de l'Eglise ; que les sacrements seraient en somme un ferment dans leur vie de foi. Mais les temps ont changé... Face à la pénurie de prêtres et de laïcs, confrontés à la forme juridique de la paroisse - qui ne fait plus sens - , il convient de trouver... autre chose !

" Libres " avant tout...
L'abbé Nicolas Bessire explique que ce processus a commencé vers mai 68. Notre société, de plus en plus individualiste, ne veut plus d'obligations. Alors, peut-on croire en Dieu et se passer de l'Eglise ? Peut-on vivre sa foi tout seul, sans la communauté ? Sommes-nous devant un manque de foi ?" L'Eglise, via le Christ, est dépositaire de la foi. Les gens ont une forme de foi " sauvage ", individuelle, centrée sur la personne et plus forcément inscrite au cœur d'une communauté. Or, dans le Royaume, la dimension communautaire est fondamentale.

Ni la fin de Dieu ni celle de l'Eglise
Nous sommes en pleine phase de transition. " On sent bien que ça ne peut plus durer comme cela, conclut l'abbé Nicolas, âgé de 71 ans et prêtre depuis 1978. " Ce n'est ni la fin de Dieu ni celle de l'Eglise. Les choses sont appelées à se vivre différemment, c'est tout. Le prêtre sera encore là, mais ce sera organisé autrement ". Depuis quelque temps, une réflexion est en cours au sein de l'Eglise. Le Royaume se doit de continuer à être levain dans la pâte d'aujourd'hui.

Christiane Elmer