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Photo: Chr. Elmer

Célébrants sans paroissiens

 Des églises vides, mais des messes qui ont lieu chaque dimanche, sans assemblée. Etrange ?

Lors d'une messe, même si la communauté est absente - comme en ces temps de Covid-19, - elle reste spirituellement présente au cœur de la célébration. C'est pour la communauté et avec elle, dans un esprit de communion, que prêtres, missionnaires et diacres des quatre communautés linguistiques de la paroisse de Bienne et environs concélèbrent. Mais comment ont-ils vécu cela ? Petit tour d'horizon, non exhaustif faute de place, du côté francophone.

Abbé Nicolas Bessire : " C'est la première fois que je vis une telle situation. Célébrer sans assemblée n'est pas ce qu'il y a de plus bizarre. Ma question est que ceux qui ne sont pas là auraient peut-être le plus besoin d'une messe, où déposer leurs soucis, leurs craintes, les personnes aimées et recevoir en retour du réconfort, de l'apaisement. Certes, nous portons tout cela dans nos célébrations, mais ce n'est pas pareil. Il manque l'essentiel, la participation. J'espère que cela ne dure pas plus qu'il ne le faudra. Mais ça va être difficile de retrouver un rythme normal. "

Abbé Patrick Werth : " Ma mère disait : " Il n'y a rien qui n'existe pas. ". A partir de là, j'essaie de n'être surpris par rien et de m'adapter de mon mieux à tout. Y-compris au coronavirus. C'est ce qui m'a permis de vivre cette période dans une forme de normalité. Normalité dont font partie la maladie et la mort qui peuvent surgir dans ma vie, aussi sans virus. Selon les circonstances, je vis la présence du Christ plutôt du côté du Vendredi Saint ou plutôt de Pâques. Quant à la communauté, je crois tellement à la prière et à un invisible habité que je n'ai pas le sentiment qu'elle ait été absente. Je reconnais toutefois qu'à cause du coronavirus, je n'ai jamais tant écrit et téléphoné ! "

Abbé François-Xavier Gindrat : " Habitant sur place, j'ai la chance de célébrer seul dans l'église supérieure. L'atmosphère de cette église, que j'aime profondément et qui me touche beaucoup, la mystique qui se dégage des couleurs chaudes, les détails des vitraux, des mosaïques et des statues, sont significatifs pour moi : même seul, un prêtre ne célèbre jamais... seul... Je repense souvent au Bienheureux Charles de Foucauld, dont la mémoire est le jour de mon anniversaire. Isolé d'autres chrétiens, il célébrait la messe tous les jours, seul, dans son ermitage de Tamanrasset. Pourtant il était en profonde communion avec l'Eglise, avec l'humanité, avec Jésus... Je me réjouis néanmoins de retrouver la communauté... "

Propos recueillis par Christiane Elmer

22 avril 2020
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