Gabriel Ringlet lors de sa conférence à Delémont / Photo: Pascal Tissier

Et le suicide assisté ?

Témoignage poignant de Gabriel Ringlet, prêtre, écrivain et journaliste, investi dans l'accompagnement en fin de vie dans des services de soins palliatifs en Belgique. De passage à Delémont, à l'invitation de l'aumônerie œcuménique de l'Hôpital du Jura et du Service du cheminement de la foi du Jura pastoral, ce professeur émérite de journalisme à l'université catholique de Louvain est venu témoigner du désespoir et de la souffrance des mourants qu'il accompagne depuis des années et livrer sa réflexion sur le suicide assisté, l'euthanasie ou la sédation.

"Si je suis malade, agressé par une souffrance intolérable, le suicide assisté peut être considéré comme un acte de légitime défense". Gabriel Ringlet est connu pour sa liberté de parole et ses prises de position avant-gardistes sur la laïcité, l'avortement, la fécondation in vitro, la pédophilie dans l'église ou le mariage des prêtres. Prêtre depuis 1970, mais aussi poète, théologien, ou chroniqueur au quotidien français "La Croix", Gabriel Ringlet peut être considéré comme un pionnier de la foi de demain.
Le cas de Sœur Claire Pour illustrer son point de vue, le prêtre belge évoque sa rencontre avec Sœur Claire, une vieille carmélite atteinte d'une grave et douloureuse ostéoporose. Elle exprime son désir de recourir au suicide, mais refuse d'en parler à sa Mère supérieure, de peur de se faire condamner. Gabriel Ringlet accorde à la religieuse une écoute inconditionnelle. "Je me suis assis sur son lit, je lui ai pris les mains et je lui ai dit combien elle avait de beaux yeux. Elle était rayonnante et semblait trouver la paix... et nous avons longuement parlé. Sœur Claire est décédée deux jours plus tard... naturellement".

L'avis des évêques français
Gabriel Ringlet revient sur un texte publié en 2015 par la Conférence des évêques de France. Dans ce document, les évêques recommandent de respecter quatre règles: renforcer les solidarités familiales et sociales; renforcer les soins palliatifs; refuser l'acharnement thérapeutique; refuser l'acte de tuer. "Ce dernier point m'interpelle. Moi aussi je refuse "l'acte de tuer". Pour moi, il ne peut s'agir que d'un dernier recours, d'un acte de légitime défense lorsque je suis vraiment dans l'impasse. Refuser la démarche de l'euthanasie ou du suicide assisté, c'est préconiser uniquement une démarche palliative, notamment par la sédation, c'est-à-dire endormir, ou mettre dans le coma les personnes en fin de vie jusqu'à ce que mort s'ensuive". (PT)

 

 

8 janvier 2018
créé par Pascal Tissier
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