De g. à dr.: abbé François-Xavier Gindrat / abbé Stephan Schmitt / diacre Markus Stalder / abbé Jean-Marc Chanton / abbé Nicolas Bessire / abbé Patrick Werth / Photo: Niklaus Baschung

Messes bilingues durant l'été

Les temps sont mûrs - die Eucharistie zusammen erleben ! Durant les six week-ends des vacances d'été, les messes seront bilingues (français-allemand). Un signe fort pour manifester une même Eglise catholique qui, par-delà toute différence linguistique et culturelle, nous porte et nous relie tous.

"La mise sur pied de ces messes bilingues n'est pas une mince affaire" explique le diacre Markus Stalder, responsable du Pastoralraum Biel-Pieterlen. Les heures des célébrations des Alémaniques et des Francophones sont différentes et correspondent aux habitudes des paroissiens. Dans le cadre de l'organisation de ces messes bilingues, il a fallu coordonner l'engagement des sacristains, organistes, servants de messe et lecteurs. Le diacre se réjouit de la collaboration constructive et respectueuse avec ses collègues francophones. "Nous avons vraiment vécu là l'expérience d'une communion." Le nœud gordien concernant les heures des célébrations a pu être tranché: on reprendra trois fois les heures habituelles des messes francophones et trois fois également celles des Alémaniques.

Dans le cadre de ces messes bilingues, l'abbé François-Xavier Gindrat souligne que l'alternance entre le français et l'allemand se fera naturellement dans la liturgie de la messe, notamment dans les lectures de la Parole de Dieu et les chants. "C'est un enrichissement pour moi de pouvoir célébrer des eucharisties bilingues en compagnie de mes collègues alémaniques avec lesquels je m'entends bien." Il rappelle que cette formule de messes bilingues durant l'été 2017 est un essai qui sera ensuite évalué et analysé. Les paroissiens auront la possibilité de donner leur avis sur ces messes bilingues estivales (voir lien à droite de la photo sous "Téléchargement").

A la suite d'une injonction du Canton, il a été décidé qu'aucun prêtre non ressortissant de l'Union Européenne ne serait engagé comme remplaçant durant l'été 2017. L'abbé Patrick Werth trouve toutefois que la rapidité avec laquelle s'est réalisé ce programme estival de messes bilingues montre bien le bon climat qui règne parmi les responsables de la pastorale biennoise. La photo où ils figurent côte-à-côte en témoigne. Et même si, dans les années à venir, il n'y avait plus de messes bilingues en été, il y a fort à parier qu'elles seront plus nombreuses que ce n'est le cas actuellement. Pour l'abbé Stephan Schmitt (résidant à Pieterlen), prêtre responsable du Pastoralraum Biel-Pieterlen, il est clair que ce sont les difficultés rencontrées qui ont permis la mise sur pied audacieuse - à titre expérimental - de ce projet. "Une nouvelle perspective s'ouvre à nous: apprendre à mieux nous connaître. Cette énergie positive va permettre un nouvel essor en pastorale."

Des messes bilingues à Bienne, voilà qui n'est cependant pas nouveau. Ce type de célébration appartient à une longue tradition et certains paroissiens les souhaitent plus nombreuses comme le soulignent les abbés Nicolas Bessire et Jean-Marc Chanton. Les responsables pastoraux espèrent que ces messes bilingues seront bien fréquentées durant les six semaines d'été où elles seront proposées. Déjà ils se réjouissent de ces rencontres encore plus multiculturelles que d'habitude !

Texte adapté de l'allemand en français

EDITORIAL:

Bienne la bilingue - ou Bielingue -, la plurilingue, la dingue, la multi... tout ce que vous voudrez, est une ville résolument spéciale...

Ville de l'avenir et du devenir, tellement plurielle, hétéroclite, détonnante et attachante. Toujours difficile, mais intéressante. Toujours complexe, mais stimulante. Cette ville reste un défi et un paradoxe perpétuel auquel l'Eglise n'échappe pas. Et c'est tant mieux car nous voici sans cesse obligés à nous repositionner, nous adapter et œuvrer au compromis qui, au mieux, saura respecter chacun.

Cet été donc, six semaines durant, des messes bilingues seront proposées aux paroissiens biennois. Presque un retour aux sources, en somme, puisque la formule des messes bilingues a déjà fait ses preuves par le passé. Des messes qui réjouiront sans doute les uns, bilingues ou non, et décontenanceront peut-être les autres, réfractaires à toute langue étrangère dans une célébration. Mais quelle langue parle Dieu ? Celle de chacun, dans les coeurs. Une langue qui n'emprunte pas uniquement la voie des mots pour nous atteindre et se faire entendre. C'est par l'Amour que Dieu nous touche. Un vocabulaire que nous comprenons tous parce que livré sous une autre forme que nos verbes: Son Verbe. Un vocabulaire qui se traduit, pour chacun de nous, en paix du cœur, en soubresauts de joie embrasés, en images intérieures, en source vive agissante... C'est comme cela que Dieu s'adresse à nous. Par-delà toute langue et toute différence. Et nos prières, soyons-en bien conscients, avant même de s'exprimer par des mots, commencent toutes par un élan de l'âme, s'ouvrant au Ciel comme calice au soleil... En déposant en nous l'intense désir de Lui, Dieu nous laisse libres de répondre ou non à cet appel immense.

En conclusion, mes amis und meine Freunde, qu'on y réponde en français ou en allemand, à cet appel, peu importe. Et si certains impératifs du calendrier estival et certaines réserves administratives et budgétaires veulent que nous célébrions Dieu ensemble und zusammen, qui s'en plaindra ? Et même si l'on devait s'en plaindre; s'en plaindre ou s'en réjouir, sachez que vous pourrez nous le faire savoir au moyen d'un talon d'évaluation dans l'angelus. En attendant, ces messes bilingues seront l'occasion de fêter Dieu en rencontrant d'autres personnes. Quel cadeau on nous fait là ! N'êtes-vous pas, vous aussi, un cadeau pour qui ne vous connaîtrait pas encore ?

Christiane Elmer

10 juin 2017
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