Oeuvre de Berna

Le défi de la foi

Dans le récit du fils prodigue, Luc 15, 11-32, l'évangéliste nous raconte l'histoire d'un fils qui part dilapider son héritage...

Ce fils se retrouve ensuite dans le dénuement et souffre. A tel point qu'il va rentrer vers son père. Mais il redoute ces retrouvailles. Il se juge lui-même. Il envisagera même des sanctions pour se punir de ses mauvais choix. Et l'accueil du père est tout autre. Il ne lui montre que de l'amour et de la miséricorde.
Si j'ai choisi de parler de cette parabole, c'est qu'elle parle de nous et de notre difficulté à croire à l'amour de Dieu. Nos venons de vivre Pâques. Nous avons fêté la Résurrection du Christ, la victoire de la vie sur la mort : la mort n'est qu'une porte que chacun de nous franchira à un moment donné. Ce qui nous est promis après ce passage, c'est le bonheur ; c'est être délivré de toute souffrance. Et c'est peut-être là tout le défi de la foi. Comment croire à ce bonheur alors que nous sommes formatés à une " justice " qui punit ou qui récompense selon nos actes. Non, la justice de Dieu est autre ! Le jugement de Dieu est de nous inviter à accepter de nous laisser aimer. Rien pour Dieu ne peut nous séparer de lui. Il désire que chacun de nous soit auprès de lui. Le jugement de Dieu est de nous débarrasser de tous nos péchés, de nos souffrances, de tout ce qui nous empêche d'être. C'est là toute sa miséricorde. Le salut nous est donné ! Ayons le courage de l'accepter et d'en vivre.

Et c'est là tout le défi de la foi : accepter d'être aimé inconditionnellement par Dieu. C'est difficile car on a cette tendance à se juger soi-même et à se punir ou à imaginer des punitions. Si nous arrivions à avoir cette foi qui déplace les montagnes, alors la joie serait là. La joie est le signe de la sainteté et nous sommes tous appelés à être saints.
Être chrétien, ce n'est pas être vacciné contre la souffrance. Être chrétien, c'est vivre comme quelqu'un qui se sent aimé inconditionnellement. Être chrétien, c'est vivre dans la joie de se savoir sauvé. Mais c'est un réel défi, un défi de chaque jour. Accepter d'avoir un regard aimant sur tout ce qu'on vit, c'est pratiquer le pardon, à commencer envers soi-même ; c'est prier, vivre la fraternité, prendre soin des plus faibles et des pauvres. C'est encore vivre l'humilité, aimer comme Jésus l'a montré...
C'est ainsi que notre foi grandira et que l'amour de Dieu nous envahira et que le Christ prendra toute sa place en nous. C'est ainsi que la joie rayonnera au quotidien. (YS)

16 mai 2019
créé par Yannick Salomon
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