Faire tomber tous les masques / Photo: Chr. Elmer

Mieux armés contre les abus !

La lutte contre les abus sexuels dans l'Eglise en Suisse se dote de nouvelles armes. Et c'est tant mieux !

La nouvelle édition des "Directives de la Conférence des évêques suisses (CES) et de l'Union des supérieurs majeurs religieux de Suisse (VOS'USM) en matière d'abus sexuels dans le contexte ecclésial" est entrée en vigueur le 1er mars 2019.
Les anciennes directives prévoyaient qu'une victime adulte devait être avertie, dans tous les cas, de la possibilité de déposer une plainte relevant du droit civil mais qu'elle pouvait s'opposer à ce que les responsables ecclésiaux déposent plainte. Dorénavant, la victime adulte ne disposera plus de ce "droit de veto". Les évêques diocésains, vicaires généraux ou épiscopaux ainsi que supérieurs majeurs des ordres religieux devront annoncer aux organes publics compétents en matière de poursuite tous les délits poursuivis d'office dont ils ont connaissance. La règle adoptée jusqu'ici l'a été sur recommandation de thérapeutes qui avaient exigé un "droit de veto" pour les victimes. La pratique a cependant montré que, sans obligation d'annonce, le risque d'étouffer une affaire subsiste ainsi que la mise en danger de futures victimes potentielles, soulignent les évêques.

Prévention et casier judiciaire
La CES annonce également des avancées dans le domaine de la prévention. La nouvelle directive rend obligatoire une série de mesures concrètes en la matière et prévoit aussi des mesures dans le domaine de la formation ou pour la pastorale multiculturelle. Elle souhaite arriver à l'exigence de la présentation d'un extrait du casier judiciaire pour tout engagement dans le contexte ecclésial et que la personne engagée se déclare prête à respecter les directives. Ce nouveau dispositif s'élabore dans le contexte de la rencontre consacrée à la protection des mineurs, qui s'est déroulée au Vatican du 21 au 24 février 2019, pour laquelle des représentants de toutes les conférences épiscopales du monde ont été convoqués.

Les membres de la CES ont entendu avec grand intérêt le rapport de Mgr Felix Gmür, président de la CES, qui représentait la Suisse au sommet. Les prélats suisses assurent comprendre la déception des organisations de victimes qui avaient espéré des mesures claires dès l'issue de la rencontre. D'après Mgr Gmür, de nombreux thèmes importants ont été abordés ouvertement à Rome (structures de pouvoir, participation des laïcs, célibat). Les évêques suisses assurent qu'ils poursuivront le travail entrepris dans le domaine des abus sexuels. (cath.ch/com/rz)

11 mars 2019
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