Un petit ou un grand " a " dans votre amour ?

La pire soif qui soit... Nous en souffrons tous cruellement. Une soif éperdue d'amour ! Un amour auquel, de tout notre être, nous aspirons. Du premier au dernier souffle. On l'aurait voulu et le voudrait inconditionnel et sans taches. Sans failles, parfait. Et c'est avec acharnement, fougue et folie qu'on le poursuit sa vie durant, d'âge en âge, de prénom en prénom, d'illusions neuves en déboires anciens...

Un amour, oui, un vrai ! Où l'on serait passionnément aimé, quoi que l'on fasse et que l'on dise. Où l'on ne serait pas trahi, ni blessé. Jamais abandonné. Un amour absolu, se donnant corps et âme, mais ne reprenant rien. Dans cette quête inlassable creusant en nous une soif abyssale, où est-il, cet amour ? En vain je l'ai cherché. J'ai pu croire l'avoir trouvé. Ailleurs encore j'ai voulu y goûter. Toujours je l'ai perdu... Quel est-il donc, cet amour, sinon un lent désenchantement, cruel ? Une déchirure infinie. Qui viole et précipite le cœur dans l'abîme. Qui brise en débris amers et nous laisse pour morts.

Et si ce n'était pas l'amour que nous cherchons ainsi frénétiquement, mais l'Amour ? Celui qui n'est pas de ce monde et qui, pourtant, est venu dans le monde? Et si l'on cessait enfin d'attendre d'un mari, d'une épouse, d'un amant, d'une mère, d'un père, d'un frère, d'une sœur, d'un enfant, d'une confidente, d'un ami, qu'il ou elle nous aime de la sorte ? Dites-moi, vous prendrez un petit ou un grand " a " dans votre amour ? Les deux ne sont pas à confondre, même si ensemble ils se fondent comme sucre en café. Celui avec la majuscule est Parole et constance. L'autre est intentions et réajustements. A les prendre l'Un pour l'autre on assèche son gosier. Un amour inassouvi. Une sécheresse du cœur. Un goût d'inaccompli.

Pourtant, l'inachèvement est notre lot. On le comprend peu à peu comme on finit par saisir qu'on ne trouvera pas la plénitude de l'Amour au creux de nos petites histoires d'amour. Et combien il est périlleux d'accorder à l'être aimé le centre névralgique de notre attention. C'est Dieu qu'il nous faut ériger sur l'autel intérieur de notre brève existence. Si, au lieu de cela, nous devions y placer quelqu'un d'autre... Ah... si l'on pouvait entendre cela bien avant, combien de souffrances nous seraient épargnées ! N'errons-nous pas, notre vie durant, entre l'amour et l'Amour, entre ce qui est central et vital et ce qui est périphérique ou en option ? Mais de quel amour se chauffe-t-on ?

Alors oui à ce grand "a" dans l'Amour entre toi et moi, Seigneur. Dans ce que Tu ne cesses de me donner, en toute gratuité et abondance, et dans ce que j'essaie de te rendre, dans le cadre étriqué de mes maigres limites. Et oui à toi aussi, amour au petit "a", bien d'ici-bas, claudiquant et insolite. Minuscule mais géant, tu te hisses vers l'infini.
N'es-tu pas, frêle amour, une grâce imparfaite en devenir d'Amour ?

5 juillet 2017
créé par Christiane Elmer
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