Il y avait ce dimanche 24 mai quelque chose de plus qu’une célébration bien préparée. Quelque chose qui touchait au cœur même de la Confirmation. Une question. Une question simple, désarmante, bouleversante même. Une question écrite par l’un des confirmands dans la lettre adressée au vicaire général: «Comment toi, Dieu, peux-tu avoir confiance en moi quand moi-même je n’ai pas ou plus confiance en moi?»
À elle seule, cette phrase résumait sans doute le chemin parcouru par les 22 jeunes et les huit adultes qui ont reçu le sacrement de la Confirmation le 24 mai dernier à l’église Sainte-Marie de Bienne, lors de la célébration de la Pentecôte.
Présidée par le vicaire général Markus Trüfig, entouré de l'abbé Henri Moto, du diacre Daniel Lattanzi, la célébration a réuni familles, parrains, marraines, amis et fidèles venus entourer celles et ceux qui franchissaient une étape importante de leur vie chrétienne.
Avant la célébration, les confirmands avaient été invités à écrire une lettre personnelle. Le vicaire général en a lu plusieurs extraits au cours de la messe. Des textes sincères, parfois empreints de doutes, parfois portés par l’espérance, mais toujours habités par une recherche authentique de Dieu. Dans une société qui valorise souvent la performance et les certitudes, ces mots révélaient au contraire une grande honnêteté intérieure.
La question sur la confiance a particulièrement marqué les esprits. Elle rejoignait d’ailleurs le sens profond du sacrement célébré ce jour-là. Car la Confirmation ne récompense pas des croyants parfaits ou arrivés au terme d’un parcours. Elle rappelle au contraire que Dieu continue de croire en chacun, même lorsque les certitudes vacillent.
Tout au long de la célébration, la fête de la Pentecôte est venue éclairer cette réalité. Les textes bibliques, les prières et les chants ont rappelé la présence de l’Esprit Saint, ce souffle qui accompagne, relève et encourage.
Dès le chant d’entrée, l’assemblée invoquait: «Viens, Esprit du Dieu vivant, renouvelle tes enfants.» Plus tard, le psaume proclamait: «Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre.» Une invitation à laisser Dieu agir dans les vies, non pas de manière spectaculaire, mais à travers les rencontres, les choix quotidiens et les engagements concrets.
Après les lectures et l’homélie, le moment central de la Confirmation a réuni les candidats autour de l’autel. Avant de recevoir l’onction du saint chrême, ils ont renouvelé leur profession de foi devant la communauté. Une démarche personnelle, mais aussi profondément communautaire, portée par les familles, les accompagnateurs et l’ensemble de l’assemblée.
Depuis plusieurs mois, ces jeunes et ces adultes se préparaient à ce rendez-vous. Le vicaire général a d’ailleurs souligné le rôle joué par les parents, parrains, marraines, catéchistes et accompagnateurs qui ont contribué à faire grandir leur foi et leur réflexion.
La prière universelle a ensuite élargi le regard. Les intentions ont porté les familles, les personnes malades, celles qui traversent la précarité ou la solitude, ainsi que tous ceux qui cherchent un sens à leur existence. Une manière de rappeler que la foi chrétienne ne se vit jamais repliée sur elle-même, mais tournée vers les autres.
Les chants ont largement contribué à la beauté de cette célébration. Le Chant à l’Esprit Saint évoquait tour à tour le vent, la pluie et le feu, autant d’images utilisées dans la Bible pour parler de l’action de Dieu. «Souffle sur moi, souffle vent de Dieu», chantait l’assemblée, avant d’invoquer le feu capable d’embraser les cœurs.
Cette symbolique trouvait un écho particulier dans la Pentecôte, fête qui célèbre la venue de l’Esprit Saint sur les apôtres. Un événement fondateur qui, selon la tradition chrétienne, a donné naissance à l’Église et l’a envoyée annoncer l’Évangile au monde.
Mais ce dimanche, ce récit vieux de près de deux mille ans semblait étonnamment actuel. Derrière les rites et les paroles liturgiques, il était question de réalités très contemporaines: la confiance, le doute, l’espérance, la recherche de sens, le besoin d’être reconnu et aimé tel que l’on est.
À l’issue de la célébration, les remerciements ont permis de saluer toutes les personnes qui ont accompagné les confirmands au fil de leur parcours. Familles, parrains, marraines, bénévoles, servants de messe, musiciens, membres du conseil de paroisse et responsables pastoraux ont été chaleureusement applaudis.
Puis est venu le temps des photos de groupe et du verre de l’amitié. Un moment plus léger, mais qui prolongeait finalement le sens de la journée: celui d’une communauté rassemblée autour de femmes et d’hommes qui choisissent librement de poursuivre leur chemin de foi.
Car au-delà des rites et des symboles, cette Confirmation a laissé résonner une conviction simple. Dieu n’attend pas que nous soyons parfaits pour nous faire confiance. Il nous appelle tels que nous sommes, avec nos forces, nos fragilités, nos questions et nos hésitations. Et parfois, il suffit d’une question posée avec sincérité pour rappeler toute la profondeur de cette promesse.
Peut-être que la Pentecôte apporte justement un début de réponse. Parce que l’Esprit Saint ne vient pas d’abord confirmer ce que nous savons déjà de nous-mêmes. Il vient nous révéler ce que Dieu voit en chacun de nous.
Céline Latscha