Photo: Niklaus Baschung

Quand le service devient vocation

Il y a, dans nos paroisses, des hommes qui choisissent de porter l’Évangile non pas en paroles seulement, mais en présence

Il y a des appels qui traversent les années comme une certitude tranquille. Le diaconat fait partie de ceux-là : une vocation discrète, souvent peu comprise, mais lumineuse pour qui s’en approche. À Bienne, cet appel trouve un visage, une histoire, et surtout une manière de vivre la foi dans la simplicité du quotidien: Daniel Lattanzi.

Une mission qui se tisse dans la vraie vie

Le diaconat permanent n’est pas une fonction repliée sur la sacristie. C’est un ministère qui respire, qui écoute, qui accompagne. Le diacre marche au milieu des gens, dans les joies, les ruptures, les célébrations, les doutes.

Le triptyque qui soutient sa mission — parole, liturgie, charité — ne relève pas d’une théorie : il s’incarne dans la vie réelle, là où se jouent les combats silencieux et les élans de solidarité. C’est un ministère qui avance au rythme de la ville : celui d’un homme marié, engagé professionnellement, inséré dans les relations humaines et tissé dans le réel.

Un seuil entre l’Église et le monde

Le diacre permanent n’est ni un prêtre en devenir ni un simple bénévole avancé. Il est ce pont vivant qui relie la communauté chrétienne aux lieux parfois inattendus où Dieu se dit autrement.
À Bienne — mosaïque de langues, de parcours, de cultures — cette figure prend un relief particulier.

La ville bruisse de diversités, d’histoires croisées, d’attentes nouvelles. Le diacre s’y tient comme un signe d’ouverture : un visage familier mais porteur d’une mission, une présence ordonnée mais profondément proche. Une figure stable dans un monde en mouvement.

Un ministère qui rappelle l’essentiel

Si Vatican II a voulu redonner au diaconat sa place originelle, ce n’est pas pour remplir une case de plus dans l’organigramme. C’est pour rappeler que l’Église ne tient debout qu’en servant.
Le diaconat n’ajoute pas un étage de plus à la structure : il en redescend les marches.

Dans la liturgie, il proclame la Parole comme on offre une source.
Dans la charité, il visite, console, encourage, parfois simplement en demeurant là.
Dans la vie fraternelle, il représente une Église qui ne se contente pas de célébrer : une Église qui se déplace, qui écoute, qui relève.

Un appel qui réveille toute la communauté

L’ordination d’un diacre permanent, ici comme ailleurs, n’est jamais l’histoire d’un seul homme.
C’est un miroir tendu à la communauté :
Quelle place donnons-nous au service ? À la disponibilité ? À la rencontre ?

Le diaconat n’est pas un îlot isolé. C’est un souffle qui invite chacun à se demander :
Comment puis-je, moi aussi, être serviteur aujourd’hui ?
Pas forcément par une ordination, mais par un regard, une présence, un geste qui rejoint l’autre.

Une lumière pour les années à venir

Bienne, avec son énergie, ses défis, ses zones d’ombres et ses élans, a besoin de figures qui témoignent de la foi en actes. Le diaconat permanent fait partie de ces « petites flammes » qui ne s’éteignent pas.
Il rappelle que le service n’est pas une fonction annexe, mais un cœur battant de l’Évangile.

Et si ce ministère continue à se frayer un chemin dans notre région, ce n’est pas par tradition ou par prestige :
c’est parce qu’il répond à une soif bien réelle — celle d’être accompagné, respecté, soutenu, sans jugement et sans bruit.

Interview réalisé par Nicole Hager, pour Respirations, à écouter ou réécouter en suivant ce lien 

Céline Latscha

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