Pendant la RedWeek, le mouvement international porté par Aide à l’Église en détresse (ACN) pour soutenir les chrétiennes et les chrétiens persécutés, la chapelle des Mystères de l’Ascension à Reuchenette-Péry s’est muée en balise lumineuse. Plusieurs soirs durant, l’édifice centenaire s’est drapé d’un rouge profond : une couleur qui dit l’urgence, la prière et la solidarité sans qu’un seul mot ne soit prononcé.
Accrochée à son promontoire boisé depuis 1904, la chapelle est un lieu de respiration autant qu’un refuge discret pour celles et ceux qui aiment s’y arrêter. À l’intérieur, les vitraux créés par Yoki dans les années 1980 jouent avec la lumière et invitent à la contemplation. Mais c’est à l’extérieur que l’émotion a saisi les visiteurs : baignée de rouge, la chapelle semblait soudain veiller sur la colline de Châtillon et sur toute la région, comme une sentinelle qui rappelle que la liberté religieuse reste fragile dans de nombreuses régions du monde.
La RedWeek illumine chaque année des églises, des cathédrales et même des monuments civils à travers plusieurs continents. Reuchenette-Péry s’inscrit ainsi dans une chaîne de solidarité silencieuse, tissée de lumière plutôt que de discours. Ceux qui ont aperçu la chapelle depuis la route ont ressenti ce choc visuel : un signe clair, discret mais puissant, posé dans la nuit.
Pour garder trace de cet instant, le photographe David Barré a immortalisé l’éclairage rouge. Ses images saisissent la transformation du lieu : les pierres, les ombres, les silhouettes des arbres… tout participe à une atmosphère recueillie qui dépasse la simple illumination. Grâce à ces photos, disponibles en ligne, la chapelle continue de porter ce message bien au-delà de ces quelques soirées de novembre.
Rouge pour la mémoire. Rouge pour l’espérance. Rouge pour celles et ceux qui, ailleurs, prient en tremblant. Cette année, depuis son promontoire, la chapelle de Reuchenette-Péry a parlé par la lumière — et son écho demeure.
Céline Latscha