L'abbé François-Xavier Gindrat bénit "La Vierge à l'Enfant", l'un des deux tableaux inaugurés en l'église Ste-Marie / Chr. Elmer

Salve, Regina, Mater Misericordiae !

Dimanche 14 août 2022, lors de la messe quadrilingue de l’Assomption à Ste-Marie, deux tableaux, restaurés, ont été bénis.

Dimanche 14 août 2022, lors de la messe quadrilingue de l’Assomption à Ste-Marie, deux tableaux, restaurés, ont été bénis.

La fête de l’Assomption de la Vierge est une Solennité réunissant toujours une vaste assemblée. Célébrée dans les quatre langues de la Paroisse (français, allemand, italien et espagnol), la messe de cette année a eu une particularité supplémentaire. En effet, lors de cette célébration festive, deux tableaux, récemment restaurés, ont été officiellement inaugurés et bénis. Il s’agit de « La Vierge à l’Enfant », de J. A. Schneider, réalisé en 1923, de style Art Déco ; et de l’œuvre intitulée « Le Christ Ressuscité », de Melchior Paul von Deschwanden, créée en 1861.

Figurant parmi différents objets liturgiques rangés dans l’une des salles adjacentes de l’église Ste-Marie, ces deux tableaux ont suscité l’intérêt de la Paroisse. Après consultation et démarches, après plusieurs mois et les travaux de restauration nécessaires, les œuvres ont finalement pu être installées dans l’église supérieure de Ste-Marie.

De la vie à la Vie…

Quelle joie de pouvoir à nouveau vivre un tel événement ecclésial, en plusieurs langues et dans de somptueux envols de voix et musiques, à la hauteur de l’événement et des lieux ! Dans leur homélie, chacun dans sa langue, les abbés François-Xavier Gindrat, les missionnaires Don Luciano Porri et Don Marcelo Ingrisani ainsi que le théologien en pastorale alémanique Gheorghe Zdrinia, ont mis l’accent sur la confiance, l’humilité et l’abandon à Dieu nécessaires à qui veut suivre le Christ. La Vierge Marie, tout comme sa cousine Elisabeth, porteuses de vie, nous indiquent le chemin vers le Ciel. Désignant du regard l’oeuvre « La Vierge à l’Enfant », fraîchement bénie, l’abbé François-Xavier s’est exclamé, réjoui : « la voici, ici, dans son écrin majestueux ! Marie a donné la vie et cette vie nous renvoie à cet autre tableau, là-bas, qui vient lui aussi d’être béni : « Le Christ Ressuscité ». Apothéose du chemin de croix représenté sur les murs de cette église, ce tableau nous ouvre à la Vie. »

D’un abbé à un vaste mouvement…

Le financement de la restauration des tableaux a été rendu possible grâce au soutien de Kolping Bienne et du Service cantonal des Monuments historiques. L’association Kolping doit son nom à un prêtre allemand, Adolph Kolping (1813-1865), très actif dans le milieu social, et qui a fédéré un grand nombre d'associations d'aide aux travailleurs. La « Kolpingwerk », basée à Cologne, comprend près d’un demi-million de membres dans le monde et est organisée en près de 6'000 « familles Kolping ». L’association coopère au développement dans plusieurs pays du Sud, vient en aide aux personnes touchées par toute forme de précarité et promeut la paix et les droits humains. Le siège de Kolping Suisse, créé en 1868, se trouve à Lucerne. Notre pays compte une septantaine de « familles Kolping » et adhère à Kolping International.

A Bienne aussi, une « famille Kolping » a existé de 1930 à mars 2021. Durant des décennies, elle a soutenu différents projets sociaux. Malheureusement, faute de relève, l’antenne biennoise a dû être dissoute. Cependant, pour clôturer généreusement et en beauté, Kolping Bienne a effectué un don à la Paroisse de Bienne pour contribuer à la restauration de ces deux tableaux. Le Service cantonal des Monuments historiques a lui aussi apporté son soutien pour permettre cette restauration, effectuée avec brio par Alain Fretz, conservateur-restaurateur à Péry.

Ste-Marie, une église qui vaut le détour !

Un Christ Ressuscité et une Vierge à l’Enfant en majesté réjouiront désormais les paroissiens et les curieux qui visiteront l’église Ste-Marie. Depuis 2016, il existe un guide d’art sur l’église du Faubourg du Jura. Proposée en deux versions de 36 pages (française et allemande), cette brochure nous prouve combien l’église Ste-Marie est digne d’intérêt. Ce guide d’art est disponible auprès du secrétariat de l’Unité Pastorale Bienne-La Neuveville, au Faubourg du Jura 47, par tél. : 032 329 56 01 ou par courriel:

communaute.francophone@kathbielbienne.ch

En 2008, lors du 150e anniversaire de Ste-Marie, l’historienne d’art Margrit Wick avait déjà souligné que de nombreux Biennois ne connaissaient pas ce bâtiment. L’occasion de rappeler ici que son originalité porte sur l'ensemble : l'architecture, la décoration, l'ameublement... Le fait d'avoir deux églises (crypte et église supérieure) superposées est tout à fait exceptionnel. Le choix des couleurs, vives et contrastées, dans les tons rouge-orangé et bleu, est des plus originaux. Les volumes de la tribune et du chœur sont intéressants, les vitraux sont d'une grande beauté, les rosaces remarquables...Un ensemble déconcertant et résolument audacieux ! Quant aux vitraux, ils subissent les influences les plus diverses allant du Jugendstil aux constructions rationalistes. "Il n'y a certainement aucune église de ce type en Suisse !" s'était exclamée alors l’historienne biennoise.

Christiane Elmer

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