Photos: Céline Latscha

Un peuple qui veille, un peuple qui avance

Dans la douceur du premier dimanche de l'Avent, paroissiens et paroissiennes ont allumé ensemble les premières lumières d’un chemin qui rassemble

La salle paroissiale de Christ-Roi, à Bienne, bruisse doucement quand les premières familles arrivent, des enfants emmitouflés, des parents encore un peu ensommeillés, mais heureux d’entrer dans ce dimanche autrement. Car c’est bien un Temps communautaire qui se déploie – un de ces moments qui rassemblent, réchauffent et redonnent souffle en ce premier dimanche de l’Avent, où l’Église murmure déjà : « Nous allons vers le Seigneur ».

Un accueil qui ouvre des chemins

Dès 9h30, l’accueil se fait chaleureux, presque familial. On se retrouve, on se reconnaît, on sourit : l’Avent commence par un moment de partage et de fraternité. Les tables installées ont vite trouvé preneur. Enfants, parents, grands-parents… chacun saisit un petit lumignon. On choisit une couleur, un motif, une phrase. On colle, on dessine, on dépose un peu de soi dans ce petit cylindre de verre. Comme un écho discret au prophète Isaïe qui annonçait :
« Venez, marchons à la lumière du Seigneur ».

Ces lumignons sont plus que des décorations : ils disent une veille commune, un désir partagé. Ils sont le signe que chacun, même le plus petit, participe à la lumière que Dieu allume dans le monde.

Des lumignons bénis, pour que nos nuits deviennent veille

Lorsque la messe commence, les lumignons décorés ont pris place devant l’autel, comme une mer de petites flammes prêtes à s’unir à la prière commune.
C’est pendant la célébration, au cœur de l’assemblée en prière, que l’abbé François-Xavier Gindrat s’avance pour les bénir.
Cette bénédiction, intégrée à la liturgie, devient un moment d’une intensité particulière : la Parole proclamée rappelle l’appel du Christ à veiller, et voici que la communauté répond en offrant cette lumière concrète, faite de gestes d’enfants, de familles et de croyants en marche.

Un Avent qui commence en Église et avec l’Église

À 11h, la communauté se rassemble pour la messe, présidée par l’abbé Henri Moto, en concelebration avec l’abbé François-Xavier Gindrat, le diacre Daniel Lattanzi et l’agent pastoral Yannick Salomon.
La liturgie s’ouvre sur les mots du psaume :
« Dans la joie, nous irons à la maison du Seigneur. »

Difficile d’imaginer phrase plus juste. Oui, il y a de la joie, ce matin-là : celle de se retrouver, celle d’entrer dans l’Avent, celle d’une Église qui avance.

L’Évangile selon saint Matthieu nous appelle à rester éveillés :
« Veillez, tenez-vous prêts. »
L’Avent n’est pas une attente passive : c’est une marche, un mouvement intérieur et communautaire.
Et saint Paul, dans la lettre aux Romains, insiste :
« L’heure est venue de sortir de votre sommeil. »
À écouter l’assemblée, à voir les visages attentifs, on devine une communauté qui veut vraiment marcher à la lumière du Seigneur.

Dire merci à ceux qui servent, accueillir celles qui arrivent

Ce dimanche porte aussi un autre parfum : celui de la gratitude.
La messe prend le temps de remercier les bénévoles pour leur engagement, souvent discret mais indispensable. Grâce à eux, la paroisse vit, rayonne, se déploie. Leur dire merci, c’est reconnaître ce tissage patient et fidèle qui soutient la vie communautaire.

Puis vient un moment attendu : l’accueil de deux nouvelles collaboratrices, Sandra Debboub et Yonellys Hidalgo, désormais au service de l’unité pastorale.
Les applaudissements qui les entourent disent beaucoup : une communauté sait reconnaître les nouveaux visages qui marcheront désormais à ses côtés, surtout en ce premier dimanche de l’Avent, symbole de commencement et d’espérance.

Une Église qui veille ensemble

L’homélie remet l’essentiel au centre :
retrouver ce qui compte vraiment, ajuster son comportement à la volonté de Dieu, laisser les ténèbres reculer pour que la lumière prenne place.
L’Avent invite à devenir artisans de paix, d’accueil, d’attention aux fragilités.

Vous l’aviez noté : un monde sans guerre, un monde où l’on « brise les armes » d’abord en soi, avant de transformer le monde.
L’Avent est un temps où l’on se prépare intérieurement, un temps pour ouvrir des chemins à Dieu, un temps pour renouveler son cœur et son engagement.

Un peuple en marche, des lumières pour la route

À la fin de la messe, les lumignons bénis sont récupérés par les enfants et leurs familles, et continueront d'éclairer le chemin, la veille de l'Avent, dans chaque foyer respectif.
Ils deviennent comme une réponse visible à la Parole proclamée :
« Maison de Jacob, viens ! Marchons à la lumière du Seigneur. »

Un peuple s’est mis en route ce dimanche.
Un peuple qui veille, qui remercie, qui accueille.
Un peuple qui croit que Dieu vient, aujourd’hui encore, éclairer sa marche.

Céline Latscha

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