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A contretemps*                                                          

Que de contretemps ces derniers temps ! Que de rendez-vous annulés, de rencontres bloquées, de fêtes reportées et de visites inexistantes. Que de souffrances aussi de ne pas rejoindre ceux que l’on aime. Que de douleurs de ne pas pouvoir manifester nos liens par des gestes devenus interdits… Que de contretemps devons-nous gérer ! Rien ne peut être vraiment programmé, nous disons « à bientôt », mais avec quelques tremblements dans la voix trahissant nos incertitudes. Ce n’est plus seulement une « simple » incertitude, c’est un sentiment sournois qui peut s’emparer de nos mémoires si nous n’y faisons pas attention. Il y a un an, tous solidaires et unis, nous commencions un confinement.

Désormais, parce que lassitudes, parce que habitudes, parce que obligations, nous sommes contraints de faire avec cette incertitude permanente. Mais, n’est-ce pas la condition même du chrétien que de vivre dans l’incertitude ? N’est-ce pas le déséquilibre qui précède le prochain pas à faire ? Hors pandémie, nous sommes nous posé la question de notre impertinence face au mystère de la vie et aux mystères de l’univers ? Nous sommes nous sentis, une seule fois peut-être suffirait, impuissants et faibles devant l’impermanence des choses et des êtres ? Que de contretemps devons nous expérimenter pour, imperceptiblement, découvrir l’amour inconditionnel de Dieu pour chacun ! Une seule chose suffit : le petit germe de foi en cet amour enfoui en chacun de nous. Tout le reste n’est que…contretemps !

En souhaitant à tous que nos contretemps puissent être, aussi, habités de la présence du Christ qui nous redit : « Toi, suis-moi ».

François Crevoisier Unité pastorale Catholique Bienne LaNeuveville

 

*librement adapté de la lettre de Taizé 2021

Un 2ème carême en pandémie

Un 2ème carême en pandémie, entre découragements et espérance

Nous vivons pour la 2ème fois un carême en pandémie. Habituellement, nous nous posions volontiers la question de quoi allions nous nous priver pour ainsi pouvoir en mesurer l’importance et l’essentiel. Nous pensions à nos travers, à nos gourmandises et à nos luxes. Que tout cela est loin et…terminé. Nous expérimentons maintenant tous les jours ce que privation veut dire. Se priver de liens sociaux, se priver de câlins, se priver de toucher, se priver de sentir, se priver d’une poignée de mains chaleureuse : en soit, se priver de l’essentiel. Ce qui fait l’essence de notre identité de chrétiens est définitivement changée : nous devons être proches en étant éloignés. Méchant paradoxe avec lequel nous tentons, de composer une nouvelle forme de pastorale : pour le secteur des aînés, cela se traduit par des téléphones multipliés, de simples missives pour redire notre attachement et quelques fois des visites lorsque cela est possible dans le respect des normes sanitaires. Il n’en reste pas moins que tout cela nous laisse un goût amer, celui-là même des herbes consommées par les juifs pratiquants et rappelant l’exode.

Un Sacrement pour un plus de vie

Pour nos aînés, et sans doute encore plus pour les personnes résidentes en EMS, ces privations sont souvent synonymes de découragements : ajouter cela aux renoncements déjà consentis est souvent, maintenant, synonyme de renoncement définitif au goût de vivre. Habituellement au mois de mars se vit en paroisse et en institution le Sacrement de l’Onction des malades : là était aussi l’occasion pour l’Eglise de se rendre proche de toute détresse. Cette année à nouveau les célébrations de ce Sacrement sont supprimées partout. Toutefois, avec joie et sur demande, nos prêtres sont disposés à dispenser ce Sacrement à qui le souhaite. L’Onction proposée est signe d’espérance, de foi, et porteuse de forces nouvelles en union avec le Christ Jésus. A tout âge, lors d’une période de maladie, ou d’une période incertaine quant à sa santé ou encore durant un temps de faiblesse, à domicile ou en EMS, cette Onction est signe concret de la tendresse de notre Dieu qui nous souhaite libres et apaisés. Pour prendre rendez-vous : secrétariat de Ste Marie, 032 329 56 01.

Anniversaires de nos aînés

Nous l’avons annoncé ces dernières semaines dans les annonces dominicales : les visites d’anniversaire pour nos aînés ne peuvent plus avoir lieu comme précédemment. En effet, la diminution des forces et l’augmentation du nombre d’anniversaires à souhaiter nous oblige à revoir notre manière de faire. Désormais, chaque personne de 80, 85, 90 ans et plus recevront, au minimum, une carte de vœux et une proposition de visite (hors situation de pandémie s’entend, nous devons beaucoup adapter ces derniers mois). Si une personne a 82 ou 86 ans et qu’elle souhaite une visite, elle devra désormais s’annoncer. Les quelques bénévoles restantes et moi-même font le maximum pour le plus grand nombre. Les erreurs sont donc bien entendu possibles : merci de votre compréhension, merci également de nous les signaler. Pour cela, vous pouvez me contacter au 032 / 328 19 24. Entre découragements et espérance, conscients de l’impermanence des choses et des êtres, nous marchons ensemble vers la lumière de Pâques. Pour tous, plus jeunes ou aînés, Pâques ne peut faire l’économie du vendredi Saint. Vivre à nouveau ce carême en pandémie nous plonge dans une méditation prolongée sur notre attachement à la croix : tout à la fois mortelle et dans un même élan porteuse de résurrection.

François Crevoisier

Aumônier des aînés

 

Christ Jésus, ton amour se fraie un chemin à travers nos hésitations et nos doutes et nous osons écouter ta voix qui nous dit : « Réjouis-toi, ne crains pas les épreuves de la vie, je suis avec toi ».

Frère Aloïs, prière du 6 février 2021 à Taizé

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