Pierre-Yves Erard et Marco Lorenzini, les deux consultants / Pascal Tissier

Deux consultants pour accueillir les victimes

Depuis des années, le diocèse de Bâle s’applique à lutter contre les « Abus sexuels dans le contexte ecclésial ». Deux consultants viennent d'être nommés pour accueillir les victimes.

Depuis des années, le diocèse de Bâle s’applique à lutter contre les « Abus sexuels dans le contexte ecclésial » : des documents ont été publiés, des affiches « Tolérance zéro » ont été placardées et, comme pour l’Itinéraire synodal, le vicariat épiscopal s’est attaché à ce que la partie francophone du diocèse soit pleinement impliquée dans ce concept mis en place par Mgr Felix Gmür, notre évêque, qui vient de compléter cette démarche en nommant Pierre-Yves Erard, médecin, et Marco Lorenzini, assistant social, pour accueillir les victimes d’abus de toutes sortes. Ce concept inédit et les deux consultants ont été présentés à la presse le 5 novembre, à Delémont.

(PT) La nomination des deux « consultants contre les abus sexuels dans le diocèse de Bâle », et plus spécialement pour la partie francophone du diocèse, n’est pas une réponse à la remise à la Conférence des évêques de France, le 5 octobre dernier, du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (CIASE). C’est l’aboutissement d’une démarche qui a débuté avec la 4e édition des directives de la Conférence des Évêques suisses sur les « Abus sexuels dans le contexte ecclésial », qui date de mars 2019. Ces directives prennent toujours plus en compte les besoins et les attentes des victimes, l’évolution des exigences de l'Église universelle, l’intégration des règles du droit suisse. Sur cette base, le diocèse de Bâle a publié le 1er juillet 2020 son concept « Abus sexuels dans le contexte ecclésial : Prévention et intervention ». Ce concept prévoit la nomination de « consultants contre les abus sexuels dans le diocèse de Bâle » qui ont la tâche d’accueillir, d’écouter et de conseiller les victimes ou les témoins d’abus sexuels dans le contexte ecclésial. Ce concept prévoit également la nomination d’une coordinatrice indépendante externe. Il s’agit d’une juriste qui reçoit les signalements et s0’engage pour les cas soient complètement clarifiés.

Afin de garantir une procédure sans risque d’ingérences, le diocèse de Bâle s’est imposé trois règles pour l’accueil, l’écoute et la prise en charge des victimes :

• 1. Indépendance de la procédure vis-à-vis des responsables ecclésiaux
Toutes les personnes amenées à intervenir auprès des victimes (consultants, coordinatrice) sont extérieures aux responsables ecclésiaux et ne sont pas des agents pastoraux nommés par l’Église. Les responsables du diocèse (évêque, vicaire général, vicaire épiscopal) qui sont directement contactés par une victime, redirigent cette personne vers la coordinatrice, sans entrer en matière.

• 2. Obligation de donner suite aux annonces d’abus
Contrairement à ce qui avait court précédemment, quand le choix d’engager ou de ne pas engager une procédure judiciaire était laissé à la personne qui s’annonçait, le nouveau concept du diocèse de Bâle oblige les consultants à annoncer à la coordinatrice les infractions présumées poursuivies d’office, même contre la volonté de la personne qui les consulte. Cela signifie que les consultants ne sont pas tenus au secret professionnel.

• 3. Procédure menée exclusivement par les autorités judiciaires étatiques
Il ne revient pas aux responsables ecclésiaux de mener une enquête, d’établir s’il y a prescription ou non, d’évaluer le type d’infraction dont il s’agirait. Ces procédures et décisions relèvent de la justice étatique, avant tout du ministère public. Le diocèse de Bâle s’en remet aux autorités judiciaires de chaque canton.

Deux consultants ont été nommés, à partir du 1er novembre 2021, pour accueillir et conseiller les personnes francophones du diocèse de Bâle. Ils sont rattachés, pour cette tâche, au Vicariat épiscopal pour le Jura pastoral. Il s’agit de :

  • M. Pierre-Yves Erard, médecin spécialiste FMH en anesthésiologie, ancien médecin-chef de l’Hôpital du Jura
  • M. Marco Lorenzini, assistant social en charge de la protection de l’enfance et de l’adulte à l’AJAM (Association Jurassienne d’Accueil des Migrants)

Pour les rencontrer il suffit d’envoyer un simple courriel de demande de rendez-vous (adresses sur www.jurapastoral.ch). Une réponse sera rapidement donnée pour trouver une date et le meilleur cadre pour la rencontre.

Les consultants pour la partie alémanique du diocèse devraient être prochainement nommés. Les consultants ont pour tâche d’accueillir et de conseiller les personnes qui ont été, dans le contexte ecclésial, victimes d’abus sexuels, personnes de confiance, personnes ayant eu connaissance des faits, témoins, mis en cause (ou auteur présumé). Les consultants offrent un maximum de trois rencontres pour exposer les possibilités de la suite de la procédure à la personne demandeuse.

Le dossier complet et les documents à télécharger sont sur www.jurapastoral.ch/abus