Leonardo Maddamma / ldd

Porter du fruit

En avril et mai, l'animateur jeunesse de notre Unité pastorale, Leonardo Maddamma, est allé prêter main forte au Home Mon Repos de La Neuveville.

" Face à la crise que nous traversons, j'ai eu envie de me mettre à disposition dans les soins. J'ai eu la chance de pouvoir rejoindre pour deux mois le team de Mon Repos, d'entente avec la pastorale et l'administration de la paroisse, bien entendu ", explique Leonardo Maddamma, animateur jeunesse au sein de l'Unité pastorale Bienne-La Neuveville.
Titulaire d'un diplôme d'assistant en santé et soins communautaires (ASSC), il travaillait dans les soins avant son engagement en paroisse en août 2018. Une expérience forte, riche en humanité, qui lui a permis, après plus de deux ans hors de ce milieu, de remettre sa blouse de soignant. Coronavirus oblige.
Equipé d'un masque, de lunettes de protection, d'une blouse, surblouse et gants, Leonardo Maddamma a ainsi repris du service : " Je m'occupe surtout des soins corporels et de l'accompagnement de fin de vie. " Il ajoute que, sans faire de prosélytisme et sans se prendre pour l'aumônier qu'il n'est pas, il entame volontiers un dialogue de nature spirituelle avec les pensionnaires du home, si l'occasion se présente. " J'ai vécu de très beaux échanges avec des personnes qui étaient ravies d'aborder la question de Dieu ou de parler de la perspective de la mort".

Une vie inaltérable
Ce qui réjouit Leonardo dans ce service auprès des plus fragiles, c'est de se sentir utile. " C'est là tout le sens de notre vie chrétienne. Pour moi, c'est un peu... le cadeau de Pâques ! Je ne me sens pas un héros, non. Le don fait sens ; il confirme mon envie de poursuivre mon engagement paroissial. Quand on se met au service des autres, quand on aime, on se sent libre. On sent fortement émerger en soi ce qu'il y a de meilleur. On se sent... aimés de Dieu ! "
Dans le cadre de son travail dans les soins, tout comme dans toute activité et au cœur de toute relation humaine, Leonardo se dit touché par la beauté profonde de l'être. " Je décèle chez certains aînés, même très âgés, une jeunesse incroyable. La vie, celle qui les anime de l'intérieur, ne vieillit jamais. " Un mot gentil ou un compliment sincère - car on ne voit bien qu'avec le cœur - peut faire de petits miracles. " C'est à cela que nous sommes appelés : au don de soi, au soin du prochain ; tout en essayant de dépasser le jugement et la peur de l'autre. "
Et le jeune homme résume ainsi : la vieillesse et la mort sont ailleurs. Moins dans l'âge que dans une certaine vision, désespérée, du monde. " Il y a des gens abîmés à tout âge. La douleur, en eux, a fini par terrasser tout espoir. "

Le Christ pour vocation
Derrière la douleur (celle des autres et la sienne), l'animateur jeunesse évoque une fois encore le don ou, dit autrement : l'amour. " Aimer, ce n'est pas vouloir s'approprier l'autre, mais vouloir qu'il vive. Les crises sont des opportunités pour se mettre au service et pour aimer. Peu importe alors quel service on va accomplir. Ce qui compte, c'est au nom de Qui et pour qui. "
La vocation ? C'est laisser émerger le charisme qu'on a reçu et le mettre au service des autres, pour qu'il porte du fruit. L'humanité entière est appelée."
Au fil de ses 35 ans, Leonardo a enrichi sa vie. Celle du dedans. Sur les chantiers, dans les soins, dans le service, en tant que chauffeur ou encore en Eglise. En fonction de ses activités, il a tantôt côtoyé des hommes ou des femmes ; puis, à un autre moment, plutôt des jeunes ou des seniors. Il a connu l'émigration, des séparations, des déchirements... " Tant d'expériences ! Mais à quoi suis-je appelé ? C'est un long questionnement qui me ramène au Christ. A cet appel inéluctable à poursuivre un engagement en Eglise. Et à me demander comment on peut, aujourd'hui, annoncer l'Evangile. " (CE)

 

 

12 mai 2020
créé par Christiane Elmer
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