Vote lors de l'assemblée de paroisse du 23.11.2021 / NB

Privilégier la conservation des biens

Le budget reste souvent un sujet épineux... Le rédacteur alémanique de l'Angelus, Niklaus Baschung, s'est entretenu avec l'administrateur de la Paroisse catholique romaine de Bienne et environs, Pascal Bord.

Le budget reste souvent un sujet épineux... Le rédacteur alémanique de l'Angelus, Niklaus Baschung, s'est entretenu avec l'administrateur de la Paroisse catholique romaine de Bienne et environs, Pascal Bord.

Il est difficile d’établir un budget pour la paroisse. De quels facteurs doit-on tenir compte ?
Le plus difficile, c’est de faire des prévisions sur le montant des rentrées fiscales. Ces dernières dépendent de l’évolution du produit intérieur brut. La paroisse de Bienne et environs prélève 30% de ses rentrées d’impôts des personnes morales. C’est une proportion plus élevée que dans les autres paroisses de Suisse. Du côté des dépenses, nous n’avons pas d’influence sur le prix des matières premières ; c’est ainsi que le coût du papier, avec la pandémie, a augmenté d’environ 30%. Quant aux immeubles, il ne faut pas s’attendre à des dépenses stupéfiantes car on les entretient constamment.

La paroisse a établi également un plan financier pour les cinq prochaines années. On y découvre des frais de personnel à la hausse et des revenus fiscaux constants. Qu’en est-il ?
Une réduction des effectifs n’est pas prévue. La hausse des frais de personnel s’explique par l’augmentation de salaire annuelle de 1.5%, qui a été planifiée. Au terme de la crise du Covid, on s’attend à une reprise des rentrées fiscales. Grâce à nos réserves de deux millions de francs, nous pouvons compenser la différence entre les recettes fiscales et les frais de personnel en augmentation.

En lien avec le budget, on entend toujours parler d’un « financement spécial » qui ferait office de réserve. Comment cela ?
En 2019, alors que la paroisse enregistrait un bénéfice inattendu, l’Assemblée de paroisse a approuvé la création de cette réserve pour contrecarrer les années plus difficiles. Le financement spécial est fixé pour l’entretien des immeubles. Toutefois, indirectement, il sert à soutenir les frais de personnel. Si les rentrées fiscales devaient être à la baisse, on ne diminuerait pas les charges pour le personnel, mais on prélèvera - de cette réserve - une partie des frais dévolus à l’entretien des immeubles.

La paroisse met à la disposition des responsables pastoraux des quatre groupes linguistiques les moyens financiers selon une clé de répartition clairement établie. Des précisions ?
Cette clé de répartition a été définie il y a environ dix ans. Elle entend couper court aux discussions émotionnelles qui reviennent sur le tapis chaque année. 30% du budget total alloué à la pastorale est réparti uniformément entre les quatre groupes linguistiques (allemand, français, italien, espagnol). Tous ces groupes ont en effet des dépenses de base, soit pour les messes, soit la catéchèse, indépendamment du nombre de leurs membres. Les 70% restants du budget de la pastorale se répartissent entre les quatre groupes linguistiques en fonction du nombre des membres de chaque communauté.

Qui décide de la manière dont on utilisera l’argent de la pastorale ?
Chaque groupe linguistique reçoit – selon la clé de répartition mentionnée ci-dessus – un cadre budgétaire. Au sein de ce cadre, la pastorale est libre de décider si elle utilise ces fonds plutôt pour la catéchèse, pour les activités auprès des aînés, pour l’animation jeunesse ou pour d’autres choses. En tant qu’administrateur, je propose des variantes techniques ; mais celles-ci ne sont pas obligatoires. A la fin, le Conseil de paroisse approuve le budget de la pastorale sans exercer d’influence sur son contenu.

La paroisse administre des prestations et des tâches qui concernent l’ensemble de la paroisse. Quelles en sont les plus significatives ?
Il y a les médias, comme l’Angelus, l’entretien des immeubles, la Commission mondiale avec sa répartition de dons, la Commission sociale, qui soutient des institutions sociales ici, à Bienne. Sur le plan cantonal, nous finançons l’Eglise nationale, Caritas. La paroisse verse aussi des contributions en faveur de projets et institutions œcuméniques ou qui concernent toute la Suisse.

Les 38 % des ressources sont consacrés à l’infrastructure (21% pour le social ; 10% pour les célébrations). Pourquoi ne peut-on pas réduire cette proportion ?
Dans les coûts de l’infrastructure, il y a les dépenses pour les services de conciergerie, pour le chauffage et autres énergies, des assurances pour une valeur immobilière d’environ 60 millions de francs. L’argent dépensé pour l’infrastructure permet l’entretien nécessaire des biens. Ce qui leur garantit de pouvoir conserver leur valeur. Pour pouvoir économiser ici, il faudrait pouvoir vendre des immeubles. Mais cela n’entre pas en discussion pour l’instant car - grâce à la migration - nous autres, catholiques, ne devons pas nous attendre à une diminution massive de nos paroissiens.

Propos recueillis par Niklaus Baschung / trad. CE

BUDGET ACCEPTE

Après de vives discussions, l’Assemblée de paroisse, réunie le 23 novembre dernier au centre paroissial du Christ-Roi, a approuvé à une grande majorité les points suivants :

- La quotité de l’impôt ecclésiastique, pour 2022, reste fixée à 0.23.

- Le budget 2022 prévoit des comptes équilibrés : un total de recettes de CHF 7'409'524.- et un total de charges de 7'409'524.-

Caserne de la Garde Suisse Pontificale
Le Conseil de paroisse de la paroisse de Bienne et environs a décidé d’attribuer une subvention de CHF 40'000.- en faveur du projet de rénovation (ou plutôt de construction) de la caserne de la Garde Pontificale au Vatican. Un montant qui est de la compétence du Conseil de paroisse. L’Eglise nationale avait au préalable lancé un appel pour que les paroisses du canton de Berne contribuent à ce projet à raison de deux francs par paroissien. Les trois édifices de la Garde Suisse Pontificale datent du 19e siècle et doivent être totalement réaménagés (dans un cadre d’environ 55 millions) pour pouvoir notamment loger les familles des Gardes suisses.

C’est à une faible majorité que l’Assemblée de paroisse a soutenu la décision du Conseil de paroisse.